Il est vrai que le chômage est mal vécu par l’ensemble des chômeurs, mais son impact est plus désastreux chez les jeunes diplômés. Ce constat a poussé la faculté des sciences économiques de l’université de Béjaïa à organiser, hier, un séminaire, au niveau du campus d’Aboudaou, dans le but de traiter de l’ensemble des problématiques liées à ce fléau. Associé à un Salon de l’emploi, qui se tient sous la bibliothèque du campus, le séminaire, qui s’est déroulé simultanément à l’auditorium, avait pour thème «l’insertion socioprofessionnelle et l’employabilité des jeunes diplômés». À l’ouverture de cette rencontre, le représentant du ministère déclarera que si le chômage est de moins de 10%, au niveau national, il est de près de 15% chez la communauté universitaire. Il est vrai, soulignera-t-il, que «le programme gouvernemental prévoit de le réduire à 8,4%, à l’horizon 2019, mais pour cela, les universités doivent former des compétences qui contribueront à l’atteinte de cet objectif». Il conclura en disant que «le monde a profondément changé et les moyens de formation doivent s’y adapter». En un mot, les diplômés doivent être polyvalents. Plusieurs universitaires ont fait des communications traitant des dispositifs d’appui à l’insertion professionnelle, de la professionnalisation des formations et du rapprochement de l’université avec le monde professionnel. Levesque Alexia, du centre CODIFOR de paris (France), dissertera autour de la formation professionnelle de qualité à l’université pour faire face aux défis de l’emploi industriel. Pour sa part, Madoui Mohamed, du CNAM de Paris (France), présentera un exposé sur le chômage des jeunes diplômés en Algérie. Cette communication, dont le thème va en adéquation avec celui du séminaire, a été suivie avec une grande attention par l’assistance. Il entamera son intervention par ce constat qu’il fait de ce phénomène social, lequel est l’une des causes majeures de la dégradation de la société. D’ailleurs, dira-t-il, les conséquences de l’épreuve du chômage sont mises en évidence par les sociologues. Pour lui, la problématique du chômage est omniprésente en Algérie, à l’instar de tous les pays du Maghreb. Il interviendra sur trois points. Il commencera en dressant un état des lieux du marché du travail, puis parlera de l’expérience du chômage, ce que ne pas travailler veut dire, et enfin, l’action collective. Le chômage, pour l’orateur, «augmente au moment où le nombre de diplômés augmente». Il déduira que le diplômé est plus susceptible de se retrouver dans une situation de chômage. Donc, conclura-t-il, «les universités forment, aujourd’hui, des diplômés qui ne répondent pas aux besoins des entreprises, alors qu’il est plus que nécessaire de rapprocher les deux pôles». Ainsi donc, le constat est clair. Les programmes des formations universitaires n’évoluent pas au même rythme que l’évolution de l’environnement. Il existe un véritable problème d’adéquation entre la formation donnée à l’université et les attentes des chefs d’entreprise. Approchée pour donner son avis sur ce séminaire, Arabi Kheloudja, présidente du comité de programme, déclarera que le but du séminaire est d’«améliorer l’employabilité des jeunes diplômés et de les aider à s’insérer dans le monde professionnel». En marge de ce séminaire, l’université de Béjaia a signé une convention cadre avec l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et du développement technologique. Le but de ce partenariat, dira Mme Arabi, est de «faire accompagner les étudiants et enseignants ayant des idées innovantes». La directrice de l’ANVREDET, le professeur D. Halliche, fera un bref aperçu sur les missions de son agence, dont la principale est la valorisation des résultats de la recherche scientifique et le transfert technologique du secteur de la recherche vers le monde productif. En effet, les missions et les objectifs de l’Agence cadrent parfaitement avec la stratégie nationale de développement économique et social, visant à mettre en place un tissu industriel animé par des entreprises industrielles et de services à fort contenu technologique, en mesure de stimuler la croissance et soutenir la production et la productivité.
A. Gana
