Le maire “exproprie” l’Etat

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La loi promulguée en 2004 stipule que les walis et les présidents d’assemblées populaires communales sont habilités à démolir toute construction illicite sans recourir à la justice. Néanmoins, ce règlement n’est pas respecté par le maire de la commune de Djabahia, dans la daïra de Kadiria, qui se retrouve être lui-même transgresseur de la loi.En effet, le P/APC s’est accaparé un terrain domanial d’une superficie de 1612 m2 et ce, sans aucune autorisation ni permis de construire délivré par les services compétents, et s’est permis de construire des locaux à usages différents.Cette occupation illégale des lieux remonte à 1993, du temps où il était DEC. Portée, plus tard, à la connaissance des autorités publiques, notamment les services domaniaux, une commission a été diligentée par l’Inspection des domaines de Lakhdaria et les Services techniques de Kadiria, lesquels dresseront des PV de constatation qu’ils adresseront à leurs Directions de tutelle. Suite à quoi, l’indu-occupant a été sommé de procéder à la démolition de ces constructions illicites et de libérer les lieux dans les 72 heures qui suivront, comme stipulé par la loi. Selon les constatations faites par les commissions, il apparaît que le P/APC avait occupé d’abord l’ex-siège de la mairie, avant d’aménager un garage d’une superficie de 155 m2 qu’il “a octroyé” à son frère afin qu’il y habite. Ensuite, selon toujours les révélations des PV, 140 m2 seront occupés par le beau-frère du maire. Quant au P/APC, il prend carrément possession d’une villa héritée du colonialisme. Dans la foulée, une bergerie a été rasée pour être remplacée par des locaux à usage commercial. D’ailleurs, cela ne relève guère de pures spéculations car notre déplacement sur les lieux nous a permis de constater de visu les transgressions et les indues occupations relatées dans les procès-verbaux établis par les différentes commissions dépêchées.Notons par ailleurs, que le maire spoliateur, qui se trouve toujours aux commandes de la commune d’El Djabahia, avait profité de son mandat de DEC intervenu à un moment difficile d’El Djebahia, quand le pays était à feu et à sang, pour s’accaparer d’énormes superficies relevant du domaine public. En dépit des actions et des décisions à son encontre par les divers organismes et tendant à rétablir l’Etat dans ses droits, aucune autorité n’a pu, à ce jour, aboutir à ses fins. Autrement dit, toutes les procédures entamées pour déposséder l’indu-occupant sont restées étrangement vaines et sans suite. Cela dit, nous apprenons qu’une commission, composée de responsables du domaine du Cadastre, de la Conservation et du chef de la daïra, a été dépêchée sur les lieux pour confirmer (ou infirmer) l’occupation illégale des biens de l’Etat. Cette fois-ci, peut être que la loi sera au-dessus de tous, y compris le…maire de Djabahia.

A. Bouzaïdi

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