D’une histoire belge, on préfère rire que pleurer

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C’est aujourd’hui donc le grand rendez-vous tant attendu. L’Algérie commence enfin son Mondial, face à la Belgique, au Mineirào. Le pari serait-il perdu d’avance ? Indécis ? Ou prête-t-il vraiment à l’optimisme ? Chacun aura sans doute son avis là-dessus. Les moins euphoriques pourront toutefois toujours dire que tant que ce n’est pas joué rien n’est encore perdu. Et il y a cet espoir fou qui fait vivre, qui fait rêver. Dans ce cas, d’un exploit. Tout simplement d’une victoire algérienne. Allez, même un nul serait bon à prendre face à cet adversaire…couleur danger ! Un adversaire qui reste à présenter sur plusieurs facettes néanmoins. Car ça reste une équipe de foot comme toutes les autres. Donc, pas du tout infaillible. Certes, l’Algérie n’est pas Les Pays-Bas, mais si l’Espagne détenteur du trophée a été battue, humiliée même, pourquoi la Belgique ne risquerait-elle pas de fléchir aussi ? En fait, en football, personne n’est jamais sûr de rien. C’est connu : le foot n’est pas une science exacte. Un adversaire, indépendamment de sa réputation, pourrait s’avérer, lors d’un match, très complexe ou banal. Et l’Espagne a eu à le vérifier à ses dépens face à une Hollande bien déterminée et pas du tout complexée face au champion et au charisme de Delbosque. Dans cette empoignade algéro-belge, tout dépendra donc de quel côté les Algériens prendront leur vis à vis. D’abord la position fataliste : Ils sont déjà Européens, n’ont pas encore perdu depuis les éliminatoires qualificatives, sont présentés comme des diables, en plus rouges… Ils ont Hazard qui fait fonctionner Chelsea… Bref, c’est à peine si on ne dit pas que les Belges sont favoris à côté du Brésil ! Pour les Algériens, ce serait alors carrément mission pour réduire les dégâts ! Et il y a la position challenger : Mettre en avant qu’en fin de compte, on part à chances égales, à partir du moment où ces joueurs belges n’ont que deux pieds chacun aussi, une seule tête, un seul cœur… Qu’ils demeurent une équipe ordinaire, qui a ses forces mais aussi ses faiblesses. Il suffirait alors de se décomplexer et oser…  Il y a certes des fois où l’envie, la hargne, et la détermination ne suffisent pas devant plus costaud que soi, mais ce serait déjà réussir une victoire de s’en sortir avec l’honneur sauf. Mais pourquoi ne pas réussir une vraie victoire ? On ne se prendra pas la tête pour dire qu’elle est à la portée, mais elle n’est pas impossible non plus. Comme ce fut le cas en 1982 face à l’Allemagne ! Si on parle encore aujourd’hui de ce souvenir lointain, c’est qu’il n’y a pas eu forcément meilleur depuis. A ce niveau-là cela s’entend. De plus, cette Allemagne-là était de loin plus impressionnante que la Belgique d’aujourd’hui. La clé sera sans doute, cette fois aussi, dans le mental des joueurs qui gagneraient beaucoup à ne pas faire de ce rendez-vous toute une histoire. Mais juste un match de foot. Et puis, d’une histoire belge, les Algériens aussi préfèreraient rire que pleurer…      

Djaffar Chilab.

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