Le phénomène du suicide frappe de nouveau la localité de Chemini. En l’espace de trois jours, deux personnes se sont données la mort par pendaison. Le premier suicide a été enregistré au village Takhlidjt, distant de six kilomètres du chef-lieu de la commune de Chemini. Il s’agit d’un père de famille âgé de 48 ans et répondant aux initiales O K. Il a été retrouvé jeudi dernier, pendu dans son domicile. Et selon nos informations, il ne souffrait d’aucune maladie physique ou mentale. Le second suicide a été enregistré le lendemain, non loin du village Tiliouacadi, relevant de la commune de Souk-Oufella. Un jeune homme âgé de 28 ans, répondant aux initiales O.D, s’est pendu dans un champ, sis en contrebas de la bourgade. Ces deux drames ont plongé dans l’émoi la population locale. Les villageois se disent bouleversés, ne comprenant les raisons de ces deux tragédies qui ont eu lieu en à peine 72 heures. La consternation et l’anéantissement se lisaient sur les visages des habitants des deux paisibles localités de Chemini et de Souk-Oufella. Rappelons que la région d’Ath-Waghlis a enregistré ces derniers temps, plusieurs cas de suicide. Un phénomène déstabilisant, qui tend à prendre des proportions alarmantes dans toute la Kabylie. Que ce soit par pendaison, prise de médicaments ou en s’aspergeant d’essence avant de craquer une allumette, le suicide était perçu par la société comme réservé aux dépressifs, aux malades mentaux et aux faibles d’esprit. Or, les spécialistes en la matière s’accordent à dire que la société a sa part de responsabilité. Des personnes fragiles ne bénéficient d’aucune assistance ou accompagnement. Le suicide est un problème de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque année, près d’un million de personnes se suicident dans le monde. Toutes les 40 secondes, une personne se suicide quelque part dans le monde. Toutes les 3 secondes, une personne tente de se suicider. Le suicide figure parmi les trois premières causes de décès dans le monde. Il est clair que dans la crise économique et sociale que nous vivons, des actions multisectorielles doivent intervenir pour mettre un terme à cette tragédie généralisée. Dans les secteurs de la santé de l’éducation, du travail, de la police, du système judiciaire, de la religion, du droit, de la politique et des médias, des choses doivent être faites… en urgence.
Bachir ider
