Un jardin public livré à la délinquance

Au moment où certains organismes publics et plusieurs autres associations chargées de la sauvegarde de l’environnement, lancent sans relâche des appels appuyés à l’adresse des citoyens, les invitant à mieux gérer leurs espaces verts et participer en masse aux différentes campagnes visant la protection de la nature, les autorités communales, elles, ne fournissent aucun effort allant dans le même sens et sur ce plan précis, les initiatives des élus du peuple demeurent pour ainsi dire absentes. L’un des exemples les plus frappants est sans conteste le jardin public se trouvant juste en face du siège de la daïra de Lakhdaria, cet endroit porte l’inscription « place de la Palestine » au fronton de son petit portail. Cet espace « vert » qui faisait naguère la gloire du quartier appelé communément « Saridj Bikir » et de toute de la ville de Lakhdaria, s’est transformé au fil du temps et par la force de la bêtise humaine en véritable loque de la nature. Les lieux se trouvent en effet dans un état des plus lamentables. Il y a quelques années, ce petit paradis constituait un lieu de pèlerinage pour les citoyens et les vieilles personnes en particulier qui affluaient des autres quartiers de la ville pour venir sentir l’odeur du jasmin et se reposer au milieu des carrés fleuris. Et, accompagnés ou non de leurs parents, les petits enfants qui y jouaient ne couraient aucun risque de se faire couper par les tessons de bouteilles qui jonchent les lieux à présent. Aujourd’hui, le petit paradis n’est plus cette gaieté de la nature ou cet endroit tant convoité par les amoureux de la verdure et les passionnés du gazouillement. Son état actuel est repoussant et tout citoyen qui se respecte ne s’autorise même pas à y pénétrer. Complètement ignoré par ceux qui ont la charge de le maintenir, le jardin de « La place de la Palestine » est livré sur un plateau d’argent aux petits délinquants qui ont fini par en faire un espace de débauche, où tous les fléaux viennent se côtoyer. De l’alcool, de la drogue, des psychotropes et tous les autres vices allant dans le même sillage ont fini par prendre possession des lieux. Cela dit, le piteux état et l’image désolante qu’offre actuellement ce jardin délaissé, renseignent à quel point nos responsables « s’inquiètent » du repos de leurs citoyens et du peu d’importance qu’ils vouent à la nature et encore moins à la jeunesse qui se fourvoie dans ces fléaux. Les mauvaises herbes et les arbustes desséchés débordant par dessus la clôture, la dégradation et l’absence totale d’entretien des lieux, la flore entièrement desséchée, tout cela livre indéniablement une forte impression de délaissement, voire de mépris à l’égard des hommes et de l’environnement dans lequel ils évoluent.

Anis S.