Des villages souffrent toujours

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à Ouadhias, Agouni Gueghrane, Tizi N’Tleta, Ait Bouaddou, Mechtras, Assi Youcef, Boghni, Souk El Tenine, Maâtkas et Tirmitine, pour ne citer que ces communes qui totalisent des dizaines de milliers de villageois, le cadre de vie est des plus mauvais.

Le réseau d’assainissement n’est toujours pas généralisé. Les ménages ont toujours recours aux fosses septiques et aux rejets à ciel ouvert. Dans ces localités précitées, les citoyens réclament toujours des réseaux d’assainissement, alors que le réseau électrique est toujours partiel. Des milliers d’habitations, notamment les nouvelles, ne sont pas encore raccordées à ce réseau. Les branchements illicites et les groupes électrogènes y sont l’unique source d’énergie et de lumière. Idem pour le gaz naturel. Même si ces dernières années il a fait une entrée fracassante, mais sa généralisation est encore loin d’être une réalité. Pourtant, dans ces régions, les hivers sont rigoureux et glacials. Le réseau routier est en grande partie dégradé. La RN30 reliant Boghni, Mechtras, Tizi N’Tleta et Ouadhias au chef-lieu de wilaya est dans un piteux état en plusieurs endroits. Et il suffit de se rendre de Mechtras aux Ouadhias pour le vérifier. Le CW147, reliant Mechtras, Souk El Tenine et Maâtkas à Tizi-Ouzou, n’est pas non plus dans un état meilleur. Elle est étroite, endommagée et dangereuse en plusieurs endroits. Concernant les chemins vicinaux, le constat est effrayant. La majorité du réseau routier est difficilement carrossable. Le réseau de la téléphonie fixe n’existe qu’aux chefs-lieux des communes. Les villages ne sont pas encore dotés de cette commodité pourtant indispensable par les temps qui courent. On parle, ces derniers temps, de la fibre optique mais la concrétisation de ce projet n’est sûrement pas pour demain. L’eau, ce liquide rare et précieux continue toujours d’être rationné à travers la plupart des communes et des villages. Ainsi, des mouvements de protestation sont régulièrement organisés pour réclamer une meilleure distribution. Dans un autre registre, et hormis les stades communaux de Boghni, Ouadhias et Mechtras, où se bousculent plusieurs équipes de toute la région, rien d’autre n’est disponible à travers certaines communes, comme Agouni Gueghrane, Tizi N’Tleta, Souk El Tenine et Maâtkas. Dans ces villages, aucun espace n’est mis à la disposition des sportifs. Les salles omnisports n’ont pas le droit d’être citées dans ces communes du sud de la ville des Genêts. Même les chefs-lieux de daïras ne sont pas dotés. Du côté culturel, c’est presque le même constat. Hormis Ouadhias, Boghni, Mechtras et Maâtkas qui disposent de maison de jeunes, les autres communes, à l’instar d’Agouni Gueghrane, Ait Bouaddou, Tizi N’Tleta, Assi Youcef et Souk El Tenine attendent toujours de bénéficier de telles infrastructures. Concernant les villages, ils sont carrément oubliés dans ce domaine. C’est à croire que la pratique culturelle est l’apanage des chefs-lieux de daïras et de communes. Il est grand temps de penser à construire des foyers de jeunes, des aires de jeux pour ces dizaines de milliers de jeunes villageois, afin de les extirper de la violence et des maux sociaux qui gangrènent ces localités. Pour ce qui est du chômage, il est toujours galopant et malmène surtout la masse juvénile. Des milliers de diplômés traînent à longueur de journée dans les ruelles des villages. Une proie très facile aux gangs de l’alcool et de la drogue et aux semeurs de trouble et de violence. Les petites usines d’antan, comme entre autres la SNLB de Mechtras, la Cométal des Ouadhias, ont fermé leurs portes depuis de nombreuses années jetant ainsi des centaines de pères de famille à la rue. Pour ce qui est du logement, la crise est toujours criante. Des milliers de familles vivent encore dans des maisons en terre battue. La construction de logement est stoppée par l’absence du foncier et les quotas attribués dans le cadre de l’habitat rural sont insuffisants pour endiguer la crise. Pour remédier à cette fâcheuse situation, il est urgent de mettre en place un plan pour relancer le développement dans ces régions du pays qui ont beaucoup donné à la patrie lors de la révolution de Novembre 54. Cette région qui a enfanté plein de colonels et de vaillants combattants et où la déclaration de novembre a été tirée mérite un retour d’ascenseur. Ce n’est surtout pas les maigres cagnottes des PCD qui changeront la situation.

Hocine T.

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