Même si, elle a été entamée à la veille du mois de Ramadhan, il n’en demeure pas moins que l’opération de circoncisions prend plus d’ampleur durant la dernière décade de ce mois sacré.
Les hôpitaux sont, d’ores et déjà pris d’assaut pour d’éventuelles réservations pour la dernière semaine et plus particulièrement pour le 27e jour, coïncidant avec la fête religieuse de Leilat El Qadr. Il est de tradition de circoncire les petits garçons la nuit du 27e jour, celle du Destin, mais ceci se répercute négativement sur le travail des chirurgiens. Car, la plupart des personnes choisissent cette date ce qui va créer un rush vers les structures hospitalières durant la dernière semaine de Ramadhan pour que l’enfant soit guéri et prêt pour la grande nuit du Destin en ayant sur lui sa gandoura, sa chéchia et le henné dans ses mains pour recevoir beaucoup de cadeaux. « Comme à chaque Ramadhan, nous suspendons le planning des opérations pour répondre à la forte demande de circoncision » dira le directeur de l’hôpital d’Aokas. Ce dernier tiendra à souligner que son établissement hospitalier prend en charge les populations des daïras d’Aokas, Tichy et Souk El Tenine. Il en est de même dans les autres structures hospitalières de la wilaya de Béjaïa, où peuvent être pratiqués ces actes de circoncision. À l’instar de celui d’Aokas, les hôpitaux d’Akbou, Sidi Aïch, Béjaïa ou Kherrata sont submergés par les particuliers et les différentes associations de bienfaisance ou du Croissant rouge algérien qui organisent des opérations de circoncision collective. Cet afflux en milieux hospitalier, en cette période ramadhanèsque, est du, non seulement à cette tradition de circonscrire son enfant durant le mois sacré et singulièrement le 27e jour de Ramadhan, mais aussi aux directives du ministère de la Santé d’il y a quelques années de cela. En effet, dans un communiqué le ministère de la Santé avait, à l’époque, mis en garde contre toute atteinte à la santé de l’enfant à circonscrire. N’étant pas une opération anodine, la circoncision doit être pratiquée par un spécialiste, un chirurgien en l’occurrence, pour éviter d’éventuels ratages aux conséquences, parfois, désastreuses. Il est vrai que la pratique de la chirurgie a ses conditions : une asepsie rigoureuse, un matériel stérile, un bloc opératoire, un anesthésiste, un chirurgien et surtout un diagnostic précis et un bilan préopératoire, notamment un bilan sanguin. Non seulement, avant son enregistrement et son admission au bloc, le jour « J », l’enfant doit, préalablement, satisfaire aux analyses médicales. Seules ces analyses peuvent prémunir d’un fort saignement ou autre accident douloureux. Il est évident que dans un bloc opératoire les choses se passent autrement que chez l’artisan de l’époque. Tout acte chirurgical du plus petit au plus grand a ses risques, donc il n’y a pas de risque zéro. Des incidents, des accidents et des hémorragies, infections, problèmes, complications peuvent survenir. On est bien loin de l’image d’Epinal du hadjam, lemaalem ou akhetane, qui, pour détourner l’attention de l’enfant, lui demande de lever la tête pour voir l’oiseau passer, avant de le circoncire à vif. La circoncision est une pratique traditionnelle et séculaire rigoureusement observée dans la société algérienne. Selon les régions et les coutumes, on ne circoncit pas un garçon au même âge. Dans les régions berbères, on préfère attendre que le fils atteigne l’âge de quatre ou cinq ans alors que dans d’autres régions, l’enfant peut être circoncis quelques semaines après sa naissance. Les us et coutumes diffèrent d’une région à une autre.
A. Gana

