Pour rejoindre la station balnéaire de Tigzirt, il faut se lever tôt à Ouadhias, car la distance à parcourir est de plus de 70 kilomètres. Après avoir vérifié l’huile du moteur, l’eau du radiateur et la roue de secours, le chauffeur met le moteur en marche.
«Il faut éviter les mauvaises surprises qui pourraient surgir en cours de route. Nous allons rouler pendant au moins 2 heures », dira notre chauffeur. 07h30, c’est le début du petit voyage qui va nous mener des Ouadhias jusqu’à Tigzirt en passant par Béni Douala, Béni Aïssi et Tizi-Ouzou. La chaussée est jusque-là satisfaisante mais en pente. De Tizi vers Tigzirt, en passant par Ouaguenoun, il faut cette fois grimper une interminable montée avec une chaussée dégradée à certains endroits et étroites en d’autres. A 7 kilomètres de notre destination, c’est de nouveau une descente. Des dangers particuliers sont signalés, des affaissements et des crevasses à faire déraper les chauffeurs moins avertis. C’est à se demander comment est-ce que des crevasses aussi béantes ne sont pas prises en charge par les responsables concernés ? Peut-être qu’ils prennent l’avion, mais on ne signale aucun aéroport dans les environs. Enfin, nous arrivons à notre destination. La grande bleue étale toute sa beauté et sa splendeur. C’est sublime. Le petit îlot semble inviter les visiteurs à profiter de cette beauté féerique. Une fois devant la plage, les agressions commencent. Pour garer son véhicule, le gardien du parc arrive et vous somme de payer le prix de 100 DA ! C’est évidemment cher. Pour louer une soit disant tente de moins de 2m2, il faut également débourser la somme de… 600 DA. C’est astronomique ! En plus, le sable est jonché de différents détritus, de mégots, des bouts de papiers, des bouchons de bouteilles, des vers en papier et bien d’autres objets qui n’ont pas leur place au bord de la plage. La saleté est bien visible. Les agents de nettoyage ne sont pas passés par là. La mer, quant à elle, est calme et son eau très chaude. Le drapeau vert est bien déployé. Les vacanciers en profitent. Les petits enfants ne cessent de crier leur joie et font de fréquents sauts dans l’eau. D’autres s’amusent à construire des châteaux de sable devant l’œil attentif de leurs parents. Il nous a été aussi donné de constater des femmes en hidjab faire le plongeon dans l’eau, d’autres en robe n’hésitent pas à se mouiller, alors que d’autres en bikini exhibent leurs belles silhouettes et leur bronzage comme au bon vieux temps. Plein de contradiction mais cela se passent dans une bonne ambiance. L’essentiel est de se reposer et de profiter de la saison estivale. Chacun a sa manière de le faire. Midi passée, il fallait trouver quoi se mettre sous la dent. Les casses- croûtes et les repas servis par les gargotiers du bord de la plage sont excessivement chers et incommodes à en juger le manque d’hygiène qui sévit à l’intérieur de ces gargotes. Au restaurant de ville ou à l’hôtel, il faut laisser une bonne partie de son salaire. Les familles, les plus averties, optent pour le plan B, à savoir préparer leur repas à la maison et le prendre avec elles. Chacun fait selon ses moyens. Une autre inconvenance à mettre contre les responsables, est l’absence de sanitaires et de douches. Pour se soulager, il faut aller dans les buissons, sinon votre vessie risque d’éclater. Une aussi belle plage laissée à l’état sauvage. Est-il impossible de construire quelques sanitaires et quelques douches ? Cela améliorera le service et créera des postes de travail durant la saison estivale. Les responsables du secteur du tourisme et ceux des autorités locales doivent vraiment y songer. Vers 5 heures, alors que la chaleur devient torride, il fallait reprendre la route du retour pour arriver avant la nuit. L’ancienne route en pente raide est tellement dégradée que le chauffeur a mis beaucoup plus de temps pour rejoindre Ouadhias. En somme, une journée éprouvante mais qui a tellement fait plaisir, surtout aux enfants.
H. T.

