Après avoir cadenassé, la semaine dernière, le siège de leur mairie, durant quatre jours consécutifs en vain, les habitants de la localité d’Aftis,relevant de la commune montagneuse de Boudjellil, sont revenus, hier, à la charge en procédant, cette fois-ci, au blocage de la RN 26, reliant la wilaya de Béjaïa à Alger, pour exiger des responsables locaux une prise en charge concrète de leurs plate-forme de revendications.
Cette dernière, comportant une dizaine de points, est liée à l’aménagement urbain et à l’amélioration de leur cadre de vie. « Notre localité est laissée en marge du développement local. Nous manquons des commodités élémentaires pour une vie décente », tempête un représentant de ces protestataires. Ces derniers ont soulevé avec acuité le problème de l’inexistence de réseaux d’assainissement pour l’évacuation saine des eaux usées, qui coulent à ciel ouvert, menaçant la santé publique. En outre, ces riverains, qui se disent « déterminés à aller au bout de leur action de protestation jusqu’à la satisfaction de leur doléances », réclament une meilleure distribution de l’eau potable vers les foyers. Par ailleurs, les habitants d’Aftis demandent la réfection « en urgence » du réseau routier de la localité qui « souffre de dégradation, de vétusté et brillent par ses crevasses et nids-de-poule ». Ce n’est pas tout, car même les choses élémentaires semblent absentes au niveau de la localité d’Afetis. « L’éclairage public est défaillant et nous ne disposons même pas de poubelles où mettre nos ordures ménagères », déplore l’un des protestataires. Brandissant une banderole sur laquelle nous pouvons lire « village oublié nous réclamons nos droits », les habitants d’Aftis exigent le raccordement de leurs foyers au réseau du gaz de ville. Nichée sur la montagne surplombant la daïra de Tazmalt, cette localité grelotte de froid à longueur de la saison hivernale. Dans un autre chapitre, ces protestataires déplorent l’absence d’infrastructures sportives et de loisirs au niveau de leur région. « Nos jeunes sont livrés à eux-mêmes, en l’absence de lieux de détente et de loisirs où ils peuvent se défouler », a-t-on regretté. Notons que cette énième fermeture de route a soulevé le tollé des automobilistes pris en otage dans un « conflit » qui ne les concerne pas. « Je travaille à Béjaïa et cela fait deux jour que je ne me suis pas rendue à mon travail à cause de cette fermeture de route », fulmine une automobiliste.
Boualem Slimani

