Les travailleurs non grévistes de l’usine La Chemiserie du Centre, sise dans la daïra de Larbâa Nath Irathen, à 27 kilomètres à l’Est du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, ont tenu une réunion, au niveau du centre culturel Ahcen Mezzani, jeudi dernier.
Etaient présents à ce rassemblement, un huissier de justice, des responsables de cette usine, des travailleurs, ainsi que certains présidents de comités de villages qui étaient invités pour assister. L’objectif de ces travailleurs est de trouver une solution à ce conflit qui secoue leur usine depuis le mois de juillet dernier. Des travailleurs et travailleuses présents se disent inquiets de la tournure que va prendre ce conflit qui, selon eux, a trop duré. Ils veulent se démarquer du groupe des grévistes et affichent leur soutien à la direction, notamment au premier responsable et son adjoint. A la fin de cette réunion, une déclaration nous a été remise, accompagnée d’une liste contenant 105 signatures, mais après le compte il s’est avéré qu’elle n’en comportait que 99 (une erreur sans doute). Dans cette déclaration, les travailleurs se disent qu’ils sont contre cette grève et se démarquent énergiquement du comportement « d’un groupe d’employés qui déstabilise l’entreprise à des fins purement personnelles ». D’après eux, « cette minorité fait, au su et au vu de tout le monde, des comportements extra professionnel et extra syndical » à savoir : « le règlement de compte, le refus de travail, l’absentéisme, les violences verbales et physiques sur les employés qui refusent d’adhérer à leur grève laquelle a abouti à la fermeture de cette unité ». Ces travailleurs ont mentionné également, dans ce document, qu’ils se démarquent complètement des agissements de ce groupe qu’il qualifie de groupuscule en lui retirant toute confiance en matière de représentativité syndicale, en raison du comportement absurde de quatre éléments qui la compose. Ils reprochent aux grévistes « des violences physiques et verbales » qui sont perpétrées contre des employées et le directeur roué de coups par un agent chauffé à blanc. Cette affaire est en cours de traitement au niveau de la justice. Concernant les agents de sécurité sensés respecter leurs fonctions de sûreté interne de l’établissement prévue et règlementée par le décret N° 96/158 du 04/05/1996, notamment l’article 22 chapitre 07, se sont compromis à la solde de la minorité par excès de zèle au détriment de l’intérêt collectif, puisque ce sont eux même qui ont arrêté la production de l’usine, bousculé et menacé les employés et fermé à clé l’accès qui y mène. Et enfin, nous pouvons lire clairement, dans cette déclaration, le constat de l’état de l’usine qui a été en dette, avant l’arrivée du directeur actuelle qui l’a redressé. Ces travailleurs reprochent aux quotidiens nationaux, qui ont couvert cet événement de la grève, de s’allier aux grévistes et de se ranger de leurs côtés. Sachant qu’un silence de mort a été observé de la part de la direction et des concernés tout au long de ce conflit, toutes nous tentatives ont été tombées à l’eau, jusqu’à cette réunion qu’ils considèrent comme droit de réponse. Pour rappel, la grève des travailleurs de l’usine La Chemiserie du centre a été entamée le 21 juillet dernier. Le conflit oppose la section syndicale à la direction. Un conflit qui s’est soldé par un procès en justice, suite à une plainte faite par le premier responsable de cette unité contre la section syndicale. Le désaccord s’est généralisé ensuite et a touché les agents de sécurité et une partie des travailleurs, une vingtaine selon les responsables. Après plusieurs actions faites par les grévistes contre la direction et le directeur dont il réclame le départ, une marche contre ces derniers a été organisée, au niveau du chef-lieu communal. Les grévistes se disent être prêts à aller loin dans leurs actions et mener le combat jusqu’au bout. Enfin, les grévistes et les non grévistes souhaitent que ce conflit prenne fin, pour reprendre le travail et rattraper le retard.
Youcef Ziad

