Lamentables conditions de vie

Coupures d’eau fréquentes et durables, mauvaises conditions d’hygiène, mauvais état de certaines ruelles du site et absence de chauffage particulièrement dans les classes d’une école primaire en préfabriqué. Ces cruelles souffrances sont vécues, depuis deux ans, par les sinistrés de Thénia, précisément au niveau des sites de Haï El Louz et Bourenane, 10 km à l’est de Boumerdès. Certaines communes du département, comme Corso et Zemmouri, ont pratiquement achevé l’opération de relogement des sinistrés dans des bâtiments en dur. Pour d’autres communes, la réalisation d’un tel objectif s’est fixée l’échéance de fin 2006. Mais à Thénia, rien n’est encore construit pour ses sinistrés. On promet, cependant, la réalisation d’une centaine d’unités immobilières dans l’assiette foncière jouxtant la gare ferroviaire. Et de nombreuses familles restent, donc, exposées aux aléas climatiques au niveau des sites de Bourenane ou Haï El Louz. Les problèmes ne peuvent qu’y ressurgir en cette saison froide. En nous entraînant dans son logis en préfabriqué de 36 m2, Ali, un quinquagénaire nous prie de suivre son regard qui se fixe sur le plancer. Des infiltrations noirâtres s’élargissaient le long des interstices. A chaque intempérie, personne ne sort de chez lui. On reste là, nous explique-t-on, pour « nettoyer le parterre et se prémunir contre les inondations ». Ces habitations en préfabriqué sont construites sur un piémont, en bordure de la RN 5 entre Tidjelabine et Thénia. Erigé juste à l’entrée du camp pour prévenir tout éboulement, un mur de soutènement s’est vite fissuré. De nombreuses ruelles sont également en mauvais état. On est là, tout le temps exposé au froid, en cet hiver rigoureux. Le marécage sur quoi repose le site — après un bitumage à la hâte — reprend traitreusement possession des chalets par la base. En ce froid sibérien, les souffrances des sinistrés s’accentuent. L’un d’entre-eux dit « qu’il faut constamment se débrouiller pour transporter les bouteilles de gaz butane ». Et si l’on allume la « résistance » pour se réchauffer, la facture d’électricité s’alourdit. Un autre déplore les coupures d’eau fréquentes et durables. D’autres encore ont du mal à se contenter en parlant de la dégradation des conditions de vie. « Les services de voirie ne viennent guère ramasser les ordures et nettoyer les décharges publiques ». Chiens, chats, rats d’égoûts y prolifèrent. Et d’autres d’enchaîner : « Revenez après la reprise des cours, pour constater de visu l’absence de chauffage dans l’école primaire du site ». A Sghirat, les sinistrés veulent aussi que la presse se fasse l’écho des plaintes et doléances des enseignants et petits scolarisés confrontés aux mêmes problèmes.

Salim Haddou