C'est désormais officiel, la Libye n'organisera pas la CAN-2017. L'annonce a été faite, avant-hier, par la plus haute instance du football africain (CAF).
Mais au delà de cette nouvelle, laquelle était somme toute prévisible au vue de la situation sécuritaire plus qu’instable qui prédomine dans ce pays, c’est la capacité d’Algérie de « reprendre le flambeau » qui se pose avec acuité. Ce n’est un secret pour personne, notre pays veut organiser une grande compétition continentale. D’ailleurs, l’Algérie est candidate pour l’organisation de la coupe d’Afrique des nations de 2019 ou bien celle de 2021. Cependant, le ministre des Sports a déclaré lors sa visite de travail effectuée à Bouira, que » l’Algérie se tient prête au cas d’une défection du pays organisateur (la Libye, ndlr). De plus, le » Boss » de la FAF, M. Mohamed Raouraoua, a indiqué le 02 août dernier, que » l’Algérie est prête à organiser la Coupe d’Afrique 2017, si elle est sollicitée par la CAF », avant d’assurer que l’Algérie a » les capacités et les ressources nécessaires ». C’est sur cette question des » ressources », notamment les infrastructures sportives, qu’il risquerait d’y avoir quelques problèmes. Il ne faut pas se voiler la face, notre pays accuse un retard certain en matière de stades. Les « fleurons » en la matière, qui sont ceux du 5-Juillet, de Annaba et de Constantine sont, faut-il le souligner, dans un état des plus déplorables. Certes, des opérations de rénovation sont en cours et avancent, selon M. Tahmi, dans » de bonnes conditions ». Cependant, il est impensable qu’on puisse organiser une aussi importante compétition avec trois stades seulement, sans compter celui Mustapha Tchaker de Blida. Ainsi et afin de palier à ce déficit, l’Algérie a entamé depuis 2008, un ambitieux programme de construction d’enceintes sportives, à même d’accueillir une aussi prestigieuse compétition que celle de la CAN, laquelle est classée par la FIFA, comme étant le troisième événement footballistique mondial. Cela étant, les quatre stades en construction à Douera, Baraki, Oran et à Tizi-Ouzou, sont » très en retard » de l’aveu même du ministre des Sports. Pour celui de Tizi-Ouzou et comme il a été relevé dans notre édition du 13 août dernier, les travaux sont toujours à l’arrêt. La cause? Une démarche administrative, portant sur la résiliation du contrat fait par l’entreprise espagnole « FCC Construccion », une des sociétés réalisatrices du projet en compagnie du groupe ETRHB pour un coût de plus de 35 milliards de dinars. Cette embûche-encore une- risque fort probablement de repousser la livraison de ce stade à l’orée de 2017. Pour ce qui est du stade Baraki, d’une teneur de 40.000 places, sis en banlieue d’Alger, la situation n’est guère réjouissante. Ce stade commence tout juste à sortir de terre, après deux ans et demi de travaux. Ce projet est réalisé à hauteur de 50%. Le retard est dû,; selon le responsable de la DJS d’Alger, à un problème «important» entre le maître de l’ouvrage et le bureau d’études. Selon les estimations de ce dernier, cette structure serait réceptionnée au second semestre de 2016. S’agissant du stade de Douera, d’une capacité de 40.000 places également, le constant est assez alarmant. Et pour cause, il n’est réalisé qu’à 30 % seulement. Pour rappel, la réalisation de cette enceinte a été décidée en 2004 et entrée en œuvre en avril 2010 pour un délai de 29 mois. Toutefois et comme il est » de coutume », ce projet a connu un arrêt des travaux de trois ans, à cause d’un problème entre le maître de l’ouvrage et le bureau d’études. Pour reprendre les travaux de réalisation, l’entreprise chinoise ZCIGC a exigé une réévaluation du montant du projet à 18 milliards de DA au lieu des 11 milliards de DA de 2004. Désormais, ce litige est levé et la fin des travaux est prévue d’ici le 1er semestre 2016. La seule » satisfaction » nous vient du stade d’Oran, lequel est réalisé à hauteur de 68% et devrait être réceptionné à la mi-2015 au plus tard, au début de l’année 2016, selon les indications de M. Tahmi. À travers tout ce qui a été relaté et les différents chantiers en retards, l’organisation de la CAN par l’Algérie relève du défi. Le relèvera-t-elle? Seul l’avenir nous le dira.
Ramdane Bourahla

