La Dépêche de Kabylie

Saharidj Leurs habitations menacent ruine – Des familles en danger à Ath Illithen !

Ath Illithen est l’un des derniers villages implantés en haute montagne, dans la commune de Saharidj, qui subit, de plein fouet, les affres climatiques les plus rudes aggravées par la précarité sociale et l’abandon des pouvoirs publics.

A l’image du quartier Ath Lamara, où des familles entières vivent sous la menace d’effondrement de leurs maisons délabrées. La moindre secousse tellurique ou une violente tempête provoquera l’irréparable dans ce quartier peuplé. Les résidants nous ont fait visiter plusieurs habitations traditionnelles qui ne tiennent debout que par un fragile équilibre. Ces familles sont en danger de mort. Un cas qui nécessite une intervention urgente des services de l’Etat avant que l’irréparable ne se produise. L’effroyable dégradation de ce village ne concerne pas seulement ces vieilles bâtisses. La ligne de distribution d’électricité réalisée dans les années 70, affiche le même état d’usure qui donne des sueurs froides. La base des pilons électriques est déracinée et dénudée par l’érosion. Sur les câbles de la ligne, délattés, se produisent des courts-circuits après frottements au moindre coup de vent créant la panique parmi les riverains. Cela au moment où les grands centres urbains de la région ont bénéficié d’opérations d’envergure de réhabilitation des lignes électriques. Les câbles dénudés ont été remplacés par le système du torsadé qui ne présente aucun risque d’accidents. L’ouvrage de l’éclairage public n’est pas logé à meilleure enseigne. On nous apprend qu’il a cessé de fonctionner, il y a plus de 03 ans. Les lampadaires porteurs de lampes pendent sur les poteaux, ce qui dénote de l’incroyable défaillance des gestionnaires de la cité. L’unique route goudronnée, qui traverse le village au milieu du nord au sud, affiche, elle aussi, un lamentable décor de dégradations. L’obstruction et la vétusté des fossés de drainage des eaux pluviale et celles provenant de la fonte des neiges en est la principale cause. La mobilisation d’une seule équipe de Blanche Algérie aurait mis fin à la détérioration de cette unique voie d’accès. Quant à l’aménagement urbain à l’intérieur des quartiers, c’est un luxe dont rêvent les villageois. Les ruelles en pente raide accentuée, truffées d’obstacles, dont des rochers, sont à l’état de piste. Comme un malheur n’arrive jamais seul, ce village étroitement entouré de forêt vierge subit l’intrusion de toutes sortes d’animaux sauvages dont des hordes de sangliers et de singes qui prennent d’assaut les vergers où ils perpètrent des razzias sur les maigres récoltes maraîchères des villageois. On a appris que le ramassage d’ordures ménagères ne se fait qu’une fois par quinze jours et d’une manière anarchique. Des amoncellements d’immondices se forment à côté de deux sources dont l’eau se diverse inutilement dans la nature. Elles ne sont ni aménagées, ni encore moins exploitées malgré qu’elles soient situées en plein milieu du village, sachant que l’eau du robinet est sévèrement rationnée notamment durant cette saison des grandes chaleurs. Au chômage qui sévit durement à Ath Illithen s’ajoute une absence totale d’infrastructures de loisir au détriment d’une nombreuse jeunesse livrée à elle-même qui ne sait quoi faire des journées qui passent, se suivent et se ressemblent sans apporter un quelconque changement. Une jeunesse rongée par l’oisiveté et guettée par tous les fléaux sociaux. Il est à signaler que la majorité des citoyens a quitté le village.

Oulaid Soualah

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