Du transport SVP !

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En dépit d’une situation géographique peu enviable, la commune de Chemini peut prétendre à un meilleur lendemain pourvu que les responsables locaux aient une autre vision du développement, longtemps étriquée aux seules opérations de rafistolage et de bidouillage. Il est tout de même ahurissant que cette localité soit restée à la marge du développement, tout en restant otage d’un bidonnage électoral sans une réelle prise en charge des souffrances de la population locale. S’arc-boutant sur les seules subventions de l’État (PCD) et budget de wilaya, ladite localité est souvent à fond de cale, renvoyant aux calendes grecques bon nombre de projets, censés sortir la commune de l’enclavement. Les chances de décrocher un emploi dans le territoire de la commune sont presque quasiment nulles, néanmoins, les zones d’activités implantées dans d’autres localités comme Akbou (Tahracht), offrent des opportunités de travail pour des milliers de jeunes en quête d’emploi. Les Cheminois ne sont pas indifférents à cette aubaine, du coup, des centaines de jeunes se rendent quotidiennement à leurs lieux de travail. Les habitants de la commune de Chemini souffrent le martyre pour se rendre vers d’autres localités situées en contre bas, plus précisément, vers le nord-ouest de la localité (Ouzellaguen, Akbou et Tazmalt) afin de rejoindre leurs lieux de travail. Ces ouvriers sont contraints de faire escale en passant par Sidi Aïch, ce qui pèse davantage sur leurs bourses et sur leurs temps. Des raccourcis existent pourtant pour rallier la route nationale n° 5 en allant vers Ouzellaguen et Akbou. La route Chemini-Taghrast-Takrietz ou Chemini-Boumelal-Takrietz présente plus d’avantages, moins de frais et moins de temps. Mais, ce qui irrite la population locale est l’inexistence d’une ligne de transport desservant cet itinéraire. Les habitants de la commune de Chemini dénoncent le manque de moyens de transport, les contraignant de fait à observer des pérégrinations sans discontinu. Ils estiment que l’état de désarroi perdure depuis des années. Ces derniers espèrent que les autorités concernées prendront en charge leurs doléances en renforçant les moyens de transport dans cette localité. De facto, ils souhaitent l’ouverture de nouvelles lignes de transport desservant l’ensemble de la municipalité et par ricochet, désenclaver la région. Des emplois indirects peuvent être créés, ce qui va absorber le chômage endémique, devenu une chape de plomb.  La bande frontalière séparant la commune de Chemini de celle de Bouzeguène représente un point de ralliement entre deux wilayas, Béjaïa et Tizi-Ouzou. En dépit d’une situation géographique avantageuse, ces deux régions ne sont pas desservies par une ligne de transport, et pourtant cette route pourrait faire gagner plus de temps aux usagers rejoignant la ville de Tizi-Ouzou ou plus précisément la capitale. Les habitants que nous avions eu à interroger ont exprimé leur dépit envers cette situation désolante qui, selon les témoignages, dure depuis des années. « C’est un véritable calvaire que nous subissons au quotidien. Matin et soir, nous sommes astreints de parcourir des dizaines de kilomètres pour rejoindre soit notre poste de travail ou notre foyer. Or, si des transporteurs desservaient notre commune, on n’en serait pas dans cet état de désarroi », nous dira un de nos interlocuteurs. Et d’ajouter : « Cette situation nous oblige, parfois, à attendre longuement l’arrivée du bus, et pratiquement tous les arrêts sont engorgés d’une foule de gens dont chacun attend la destination de son choix ». De son côté un autre résidant affiche son inquiétude face à ce problème. Il demande, à cet effet, aux responsables concernés d’ouvrir une ligne permanente qui va desservir la localité pour se déplacer plus facilement et sans contraintes. Approché par nos soins, le maire de Chemini nous fait savoir que de son côté une nouvelle ligne de transport est la bien venue, pourvu que des candidats puissent émettre le vœu de desservir cette ligne. « Mais pour l’instant, ce n’est pas la ruée pour décrocher cette ligne de transport, car les propriétaires de bus s’en détournent estimant qu’il est plus avantageux de desservir vers Sidi Aïch que vers Ouzellaguen », affirme notre interlocuteur.

Bachir Djaider

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