Le prix du mouton jugé abordable

Partager

Il y avait grand monde, dans la matinée d’hier, au niveau du marché à bestiaux de Bouira.

Pour cause de fièvre aphteuse ayant atteint les bovins, le souk n’était ouvert qu’au cheptel ovin soumis à « une surveillance accrue », selon le ministère de l’Agriculture. Déjà la circulation des bêtes est tributaire d’un « certificat de bonne santé » délivré par les services vétérinaires chargés par les directions des services agricoles dans différentes wilayas. Or, ce fameux certificat pose problème pour de nombreux maquignons. D’emblée, ces derniers estiment qu’il y a une contradiction entre le discours se voulant rassurant en affirmant que l’ovin ne risque pas d’être atteint du virus de la fièvre aphteuse et l’exigence du certificat de bonne santé. Ensuite, ce certificat n’est pas à portée de tous les éleveurs, puisqu’il n’est délivré que par les seuls services des directions de wilayas. C’est le cas d’un éleveur de Médéa, rencontré hier matin, qui nous dira : « Je suis arrivé au marché sans aucun document. J’ai vendu quelques bêtes et j’attends le vétérinaire de la DSA pour me délivrer le certificat ». Théoriquement, les bêtes ne quittent pas le marché sans qu’elles ne soient autorisées par le vétérinaire désigné par la DSA. Seulement, aux environs de onze heures, le vétérinaire en question n’était pas sur les lieux. Il serait en rupture d’imprimés et serait allé en chercher, selon le maquignon de Médéa. Cela étant dit, ce dispositif n’empêchera pas les bêtes de quitter le souk. Nous y avons vu un revendeur charger des bêtes et en sortir. Un autre maquignon de Boumerdès nous affirme que depuis l’ouverture des marchés, avant-hier, il n’était pas confronté à ce problème de document : il n’en avait pas et il n’a pas cherché à en avoir. Cela ne l’avait pas empêché de circuler avec ses bêtes et d’en vendre. L’engouement enregistré hier, au niveau du marché à bestiaux n’est pas forcément synonyme de bonnes affaires pour les maquignons venus de différentes wilayas du pays. Ces derniers estiment qu’ils sont loin de réaliser le chiffre d’affaire réalisé l’année dernière, à quelques semaines de la fête de l’Aïd. A cela s’ajoute la perte sèche qu’aurait engendré la fermeture des marchés. Pendant tout ce temps, leurs bêtes étaient alimentées. Ce qui leur a coûté une moyenne de 5000 DA par bête. S’agissant des prix affichés, d’aucuns parmi les citoyens estiment que les prix sont relativement abordables. De toute façon, on est loin des prix affichés l’an dernier, à la même période. Un mouton moyen est cédé à 30.000 dinars. Un cornu, tel que apprécié par les chérubins, atteint les 55.000 dinars. Seulement, il n’y avait pas franchement preneurs. Peut être que le citoyen attend que la saignée générée par la rentrée scolaire passe, avant de se rendre au marché pour en revenir avec une bête.

S.O.A.

Partager