C’est un été tout feu toute flamme qu’a connu cette année la commune d’Ouzellaguen. Une saison d’autant plus infernale qu’aggravée par des vagues successives de canicule. Si le mois de juillet a été relativement clément, en revanche le mois d’août s’est révélé désastreux, avec une kyrielle de départs de feux. Le tapis boisé des plaines de la vallée de la Soummam, autant que le couvert végétal des piémonts et la réserve sylvestre des hauts massifs montagneux, ont eu leur lot de désolation. La population, particulièrement celle des zones montagneuses, a vécu de longues semaines de fournaise, ponctuée par des volutes de fumée et des crachins d’escarbilles. De vastes parcours de maquis, de formations buissonnantes et d’essences forestières ont été réduits à néants par les flammes. Même les arbres fruitiers et les oliveraies n’ont pas échappé à la furie des ces incendies récurrents. Glacés d’épouvantes, bien des paysans ont assisté impuissants, à l’anéantissement de leurs patrimoines. « Nous avons vu se consumer des oliviers centenaires. C’est un legs ancestral transmis de génération en génération qui est parti en lambeaux l’espace de quelques heures », témoigne sur une pointe d’amertume, un paysan du village Ibouziden. Avec la persistance des conditions climatiques de température et d’hygrométrie propices aux départs des feux, la menace plane toujours sur cet écosystème, aussi vital que fragile. Le facteur anthropique est naturellement la cause majeure de la plupart de ces incendies. En effet, l’homme y concourt ne serait-ce qu’en abandonnant aux herbes folles et aux broussailles ses terres laissées en jachères, facilitant ainsi la propagation de proche en proche des flammes.
N.M.
