De jeunes diplômés frais émoulus vont apporter du sang neuf à l’enseignement de la langue Tamazight dans la wilaya de Bgayet, à l’occasion de cette année scolaire 2014/2015. En effet, on a appris d’un responsable de la direction de l’éducation que 51 postes budgétaires ont été ouverts pour renforcer l’apprentissage de cette langue plusieurs fois millénaire. « Les nouvelles recrues, en voie d’affectation, seront ventilées sur tous les établissements scolaires de la wilaya et ce, en fonction des besoins. Tous les cycles, qu’ils soient primaire, moyen ou secondaire, bénéficieront de cet apport en personnel pédagogique », déclare notre source. Réagissant à cette nouvelle, un inspecteur de Tamazight officiant dans la région d’Akbou dira que « 51 poste pour une langue qu’on dit nationale, c’est de la poudre aux yeux. Mais, au delà de cette question numérique, qui a son importance, c’est la problématique de la qualité de l’enseignement de Tamazight qu’il importe de reconsidérer au plus vite, pour garantir sa meilleure prise en charge », estime-t-il. Notre interlocuteur relève que la politique de l’enseignement de Tamazight, telle que conduite jusqu’ici, est lestée de tares qui « la condamne à l’échec ». « Les approches initiées et décidées en haut lieu et qui plus est, sont plus au moins cohérentes et non systémiques, ne peuvent pas faire long feu », ajoute-t-il pour étayer son argumentaire. Un enseignant de Tamazight dans la région de Seddouk considère lui, que cette langue porteuse d’un imaginaire, d’une histoire et d’une culture, est victime de stigmatisation. « La suppression de son caractère facultatif est un préalable pour donner à Tamazight le statut qui lui sied. Il faut ensuite aller vers sa généralisation à tout le pays, pour consacrer son statut de langue nationale », suggère-t-il, avant de réaffirmer la nécessité de trancher les caractères de sa transcription. D’aucuns parmi les spécialistes en linguistique déplorent qu’un débat biaisé s’est installé autour de Tamazight. Une situation, estiment-ils, charriant des mystifications qui polluent et obèrent toute perspective de son évolution vers l’émancipation.
N.Maouche
