A moins d’une semaine de l’Aïd el –Adha, les points de vente de moutons se multiplient dans la vallée de la Soummam alors que la wilaya a tenté de limiter à neuf les points de ventes autorisés qui sont d’ailleurs les principaux marchés situés dans de grandes agglomérations. Mais ce qui préoccupent le plus les marchands et les éleveurs c’est la liquidation de leurs cheptel avant l’Aïd el-Adha, fixé pour le samedi 04 octobre. Donc de plus en plus que la date de cette fête religieuse approche, la bulle spéculative bat son plein dans la vallée de la Soummam, une région qui attire beaucoup de maquillons en provenance des régions pastorale environnantes de l’Est, M’Sila, BBA et Sétif, pour ne citer que ces trois wilayas. Ces maquillons qui arrivent avec des effectifs de moutons importants font et défont les prix se positionnant même maîtres absolus dans les marchés à bestiaux. Nous avons questionné un éleveur local qui nous a expliqué que malgré l’offre est importante les prix restent très élevés. « Ce qui est étonnant cette année, bien que le cheptel est disponible en quantités suffisantes dans les marchés, les prix restent très élevés au point de se hisser à des pics jamais atteint dans le passé. Ceci ne peut être que c’est à cause de la fièvre aphteuse, une maladie qui a affecté le cheptel bovin, d’ailleurs toujours interdit de vente dans les marchés. Car de par le passé des gens qui ne pouvaient se permettre de sacrifier un mouton s’associent à quatre ou cinq pour acheter un veau ou une vêle de race locale qu’ils se partagent. Ce qui n’est pas possible cette année. Voila à mon avis ce qui a fait grimper les prix des moutons » a déclaré notre interlocuteur. Le négoce des ovins d’engraissement est caractérisé souvent par une tendance à la hausse des prix à l’arrivée de l’Aid El-adha, une explication fournie par un boucher fréquentant souvent les marchés à bestiaux. « Les raisons de l’augmentation des prix du cheptel ovin d’engraissement sont toutes simples à définir. D’abord il y une forte demande qui dépasse parfois l’offre et il y a aussi une succession du maillon de la chaîne de vente des moutons qui commence de l’éleveur jusqu’au consommateur. Parfois un mouton change quatre à cinq fois de vendeurs pour atterrir chez le boucher ou le consommateur. Et ces vendeurs ont tous presque les yeux plus gros que le ventre en prenant des marges faramineuses. Voila les deux raisons et sûrement il y en a d’autre, à l’origine de la flambée des prix des moutons à l’approche de l’Aid El-adha», a analysé notre interlocuteur. Le marché à bestiaux de la ville de Seddouk ne figure pas parmi les neuf points de vente autorisés par la wilaya. Ce samedi jour du marché hebdomadaire des fruits et légumes, le marché à bestiaux s’est tenu quand même normalement. Mais le comble, comme la placette réservée de par le passé à la vente du bétail à l’approche de l’Aid n’était pas libre du fait qu’elle est devenue un dépôt des matériels agricoles et des travaux publics, les marchands ont occupé la lisière de la placette et la chaussée de la route menant vers la cité d’urgence gênant considérablement la circulation automobile. Comme il y avait moins de vendeurs, les prix ont atteint des pics loin d’être à la portée des bourses moyennes. Ce qui est étonnant, la plupart d’entre eux sont des éleveurs venus de M’sila que les acheteurs ont soupçonné qu’ils se sont entendus sur les prix à pratiquer de par leur uniformité. « Je n’ai pas vu un seul mouton même de la carrure d’un chat proposé à moins de 30. 000,00 dinars et je n ai pas vu un seul mouton vendu. Si seulement le consommateur sait que de son comportement dépend la baisse des prix des moutons. Car il détient l’arme efficace, celle de s’abstenir d’acheter quand vraiment les prix dépassent tout entendement » a souligné un père de famille venu acheter un mouton mais résigné devant les prix affichés. On a posé la question à un éleveur de Hammam Dhalâh dans la wilaya de M’sila venu au matché de Seddouk avec un troupeau de sept moutons pour savoir pourquoi il a fait tout ce trajet pour espérer vendre sept bêtes. Et voila ce qu’il a répondu : « des marchands ambulants viennent jusqu’à la ferme mais ils nous proposent des prix qui les arrangent. J’ai constaté qu’ils prennent des marges bénéficiaires faramineuses. J’ai décidé de faire les marchés de la région d’Akbou. Je suis sorti de chez moi le mercredi avec 20 moutons peut être je rentre cet après midi si je liquide mon stock. J’ai fait auparavant Sidi Aich, Tazmalt, Ouzellaguen et aujourd’hui Seddouk. On a loué un camion en groupe ».
L. Beddar
