M’Kira : Dernier jour de marché hebdomadaire avant l’Aïd – Affluence record !

Le marché hebdomadaire de Tighilt-Bougueni, chef-lieu de commune de M’Kira qui se tient, chaque mercredi, dans la matinée, a connu pour sa dernière tenue avant l’Aïd El Adha une affluence inaccoutumée.

En effet, aux premières lueurs de l’aube, des dizaines de camionnettes, des fourgons et divers véhicules  se frayant un chemin parmi les dizaines de villageois qui traînaient derrière eux leurs bêtes commençaient à rallier le lieu réservé et aménagé  à cet effet par les services  de l’APC qui avait procédé à son chaulage ainsi qu’à sa délimitation pour y accueillir cette  ultime journée de vente de moutons à sacrifier. A partir de sept heures du matin, il était pratiquement impossible d’atteindre le chef-lieu à moins d’un demi- kilomètre à la ronde tant le nombre de véhicules de tous types était élevé. Ainsi, c’est au carrefour du « quatre chemins » ou « Cimetière Ivahrizène » que les transporteurs assurant les différentes dessertes étaient obligés de stationner pour attendre leurs clients. « C’est pratiquement un kilomètre que je me suis tapé pour arriver difficilement jusqu’ici d’autant plus que la chaussée est pratiquement envahie par les marchands et les badauds », nous confie ce jeune arrivant de Bouhadj,village situé à quatre kilomètres à l’Est de Tighilt-Bougueni  tout en ajoutant que tous les automobilistes de son village et des environs ont préféré  rejoindre Tizi-Gheniff en passant par Tamdikt ou Tahachat afin d’éviter le chef-lieu alors que ceux venant des villages sis à l’Est ou au Nord à l’exemple de Taka,Mahnouche, Imlikchène ou Ait Messaoud sont plus chanceux, en cette matinée, pour prendre un moyen de transport pour Tizi-Gheniff. Au demeurant, cette nombreuse affluence a drainé un grand nombre de villageois. Il en est venu non seulement de ladite commune mais également  des communes limitrophes à savoir Tizi-Gheniff, Chabet-El-Ameur, Ait YAHIA  Moussa et Timezrit(Boumerdès). « C’est la troisième fois que j’essaie de vendre mes deux moutons mais je trouve qu’on ne m’offre pas le prix escompté alors que je les nourris depuis mars dernier et ce prix qu’on me propose signifie tout simplement que je les aurai gardés pour rien sans compter les sacrifices de toute la famille », nous déclare ce petit éleveur du village Afir-Azazna relevant de la commune de Timezrit (Boumerdès). Par ailleurs, si certains anciens émigrés et certains commerçants ne trouvent aucun souci à payer rubis sur ongle des moutons à six millions et demi de centimes (65 000 dinars), par contre beaucoup d’ouvriers ou de simples employés ne peuvent que tourner autour des nombreuses bêtes, la mort dans l’âme. « Il est pratiquement impossible de trouver un mouton convenable pour ce sacrifice à moins de 45 000 dinars. Moins que çà cela équivaudrait à égorger un chat », nous réplique ce pauvre père de famille qui va se contenter, cette année, de l’achat de deux kilogrammes de viande et tant pis, peut-être que l’Aïd prochain le trouvera plus fortuné.

Essaid  Mouas