«Nous avons un déficit important en matière de marchés»

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«Seuls 240 magasins sur les 34 000 réquisitionnés par le ministère du Commerce n’ont pas assuré la permanence durant la fête de l’Aïd El Adha, soit un taux insignifiant de 0,70%», a indiqué hier, le ministre du Commerce, Amara Benyounès, lors de son passage à l’émission «Invité de la Rédaction» de la radio chaine 3. 

«Les dispositions prises par le ministère du Commerce pour assurer leurs activités durant l’Aïd ont été majoritairement, respectées. 99,30% des magasins réquisitionnés par nos services sont restés ouverts durant les fêtes de l’Aïd El Adha» a-t-il souligné non sans ajouter que son département s’engage à appliquer la loi dans toute sa rigueur contre les commerçants contrevenants. «Nous allons appliquer la réglementation s’ils n’ont pas d’excuses valables justifiant la fermeture de leurs magasins… Et je m’engage à fermer les magasins récidivistes pour 3 mois comme le stipule la loi», déclarera-t-il. Pour le ministre du Commerce, l’augmentation du nombre de permanences, passé de 15 000 à 34 000 commerces ouverts, a soulagé les citoyens, lesquels, au fil des années, ont pris l’habitude de s’approvisionner avant les jours de fêtes en raison de l’absence de commerces ouverts. «Avec les dispositions prises par le ministre du Commerce de recourir aux permanences, les citoyens qui ont souvent recours à stocker des produits faute de commerces ouverts durant les fêtes devront être rassurés, surtout que nous allons procéder, s’il le faut, à augmenter encore le nombre de permanences à l’avenir», indique le premier responsable du Commerce qui n’a pas omis de signaler que le salut pour les consommateurs, en matière de régulation, réside dans l’organisation du marché notamment celui de la grande distribution. «On ne peut réguler le commerce et lutter efficacement contre l’inflation s’il n’y a pas un circuit de distribution fort et puissant qui émaille tout le pays. Ce n’est pas avec cinq hyper-marchés sur l’ensemble du territoire national que nous allons réguler le marché pour une population de 40 millions d’habitants. Nous avons un déficit important en matière de marchés et ce n’est pas avec les superettes et les petits magasins que nous allons réguler le marché», a-t-il encore indiqué en annonçant la création prochaine de neuf marchés régionaux de gros.

«Nous devons arriver à un marché dominé par le commerce formel» 

Le ministre du Commerce a également évoqué les nouvelles dispositions réglementaires lors des transactions commerciales, contenues dans un décret entré en vigueur le 3 octobre dernier. « Il faut une mise à niveau dans toutes les transactions commerciales. On prendra le temps qu’il faut mais ont doit arriver à un commerce moderne. Ce décret a pour but de protéger le consommateur algérien. Nous devons arriver à un marché dominé par le commerce formel», indique le ministre qui a reconnu «la prolifération inquiétante du commerce informel dans le pays et le système de facturation est un des facteurs qui permettra de réduire l’impact de ce commerce informel sur l’économie du pays». L’invité de la radio nationale a également insisté sur la nécessité de la mise en place d’un dispositif qui facilitera à l’entreprise algérienne d’accéder aux marchés extérieurs. «Nous avons des entreprises algériennes qui exportent, actuellement, avec leurs propres moyens alors que la quasi-totalité des entreprises mondiales  exportatrices bénéficient des aides de leur gouvernement. D’où la nécessité de la mise en place d’un dispositif de soutien à nos entreprises exportatrices a-t-il relevé en citant comme exemple les Etats-Unis, le pays «le plus libéral mais aussi le plus protégé au monde». 

«Le processus d’adhésion à l’OMC est en bonne voie»

Abordant la question de l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Benyounès a souligné que le processus des négociations suivait son cours «le plus normalement possible», tout en affirmant que l’Algérie «défendra au mieux ses intérêts économiques». «L’Algérie doit adhérer à l’OMC, mais tout en respectant son rythme et en protégeant ses intérêts économiques», a encore soutenu le ministre en tenant à préciser que pour accéder à cette organisation mondiale, chaque pays a ses spécificités et qu’il y adhère en sauvegardant un certain nombre de ses intérêts. «Nous avons une industrie que nous sommes en train de remettre sur place et il est absolument hors de question de brader les 10 milliards de dollars que nous investissons dans ce secteur comme il est hors de question de brader un certain nombres d’efforts que nous sommes en train de faire en agriculture ou dans les services», a-t-il affirmé. Amara Benyounès qui a tenu à préciser que c’est le président de la République qui «tranchera sur l’accession ou non de l’Algérie à l’OMC», s’est dit ouvert au dialogue et au débat sur la question de l’OMC en sa qualité de ministre du Commerce avec l’ensemble des partenaires sociaux du pays à condition, insiste-t-il que « le débat portera sur les questions économiques loin de toute idéologie».

A. C.

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