«C’est un projet qui a été lancé au début des années 90. Cela fait maintenant plus de vingt ans. Il avait été retenu dans le plan quinquennal (1984-1989). Il a fallu mener toute une bataille pour qu’il soit lancé. Et d’année en année, nos jeunes demandent vainement sa mise en service. », nous confiera ce membre de l’association Tiwizi, aujourd’hui dissoute. Certes, elle ouvre sporadiquement quand il s’agit par exemple de célébrer le printemps amazigh, mais quelques jours après, elle ferme jusqu’à une autre occasion. L’association Tasuta l’a prise en charge durant quelques mois mais par manque de moyens, elle l’a vite abandonnée. De leur côté les membres du bureau du comité de village Tadukli ont eu l’intention d’accélérer la procédure de son inauguration. Butant à certains problèmes, ils ont opté pour tout d’abord pour sa restauration, puis son extension. Ce foyer pour jeunes a bénéficié non seulement de la réfection intérieure, du dallage de la cour et d’autres aménagements, mais aussi d’une véritable extension avec la réalisation de près de cinq salles : deux au rez-de-chaussée et trois autres au premier étage. Aujourd’hui, nous diront les jeunes du village, cet espace pourra accueillir toutes les disciplines abritées par des centres culturels. «Toutes les activités, allant de la musique en passant par le sport jusqu’à la lecture peuvent être programmées dans cette maison de jeunes. », notera un jeune en compagnie d’autres qui voudraient mener une action jusqu’à sa mise en service pour ne plus voir «nos jeunes s’adonner à des vices qui les détruisent». Pour une source proche à l’APC, c’est un dilemme car les responsables de l’APC ne savent pas à qui revient la gestion de ces foyers pour jeunes. «ils sont réalisés dans le cadre des PCD, mais une fois livrés, ils n’ont pas de statut clair. Qui les gérera ? Est-ce la direction de la culture ou celle de la jeunesse et des sports ?», s’interrogera la même source. Cette dernière nous apprendra que les collectivités locales ne disposent pas de personnel qualifié pour cette mission. D’autre part, nous avons appris qu’au temps où le comité Tadukli était actif, une salle de lecture était mise à la disposition du village. Aujourd’ hui, cette structure dont les services qu’elle rend aux bibliophiles et aux étudiants ne sont pas à démontrer ne voit pas le jour. «Notre village ne dispose pas de terrains. Si vraiment, quelque part, il y avait une volonté les responsables concernés pourraient recourir à l’expropriation», jugera de son côté un ancien membre de Tadukli. Cela étant, il est temps de faire bénéficier la masse juvénile au moins de cette maison de jeunes car ils n’ont aucune autre occupation dans ce village à part peut-être s’engouffrer dans des cafés maures enfumés où ils passent leurs journées à jouer aux dominos ou à rêver à une quelconque fugue vers d’autres cieux plus cléments, même au péril de leur vie.
Amar Ouramdane