Le mouvement de protestation des policiers s’est poursuivi, hier à Alger, pour la deuxième journée de suite en organisant un rassemblement devant le siège de la présidence de la République à El-Mouradia.
L’ayant entamé avant-hier, lorsqu’une centaine de policiers d’intervention de l’unité d’El Hamiz, à l’Est de la capitale avaient organisé dans l’après-midi une marche pacifique et silencieuse à Alger avant de se rassembler devant le palais du Gouvernement jusqu’à une heure tardive de la soirée, les agents de l’ordre, qui ont été par la suite rejoints par des dizaines d’autres policiers des différentes unités de la capitale, ont poursuivi leur mouvement en organisant dans la matinée d’hier un rassemblement devant le siège de la présidence de la République. Dans un document distribué à la presse sous forme d’une plate-forme de revendications de 19 points, adressée au Premier ministre, les protestataires qui exigent le départ du premier responsable de la Direction Générale de la Sureté Nationale (DGSN), le général major Abdelghani Hamel, réclament notamment une hausse de 100% du salaire de base pour le porter à 70 000 DA par mois, le droit au logement AADL, la réintégration de 6 000 policiers licenciés, la réduction de la durée de service au sein de la police de 32 ans à 20 ans et l’instauration d’une prime mensuelle les femmes au foyer de policier d’un montant de 10 000 DA. Ils revendiquaient également la création d’un syndicat autonome pour défendre leurs droits socioprofessionnels. Dans une déclaration à la presse, hier devant le siège de la présidence, le Directeur des ressources humaines au ministère de l’Intérieur, Abdelhalim Merabti.a indiqué que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales n’est pas opposé à la création d’un syndicat de police et des mesures spéciales seront prises à cet effet. «Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Tayeb Belaiz, ne s’oppose pas à la création d’un syndicat de police. De ce fait, nous engagerons les procédures nécessaires et examinerons les textes et modalités de sa création en vue d’une meilleure prise en charge des revendications des agents de police», a indiqué M. Merabti .
Une plate-forme de 19 points
Pour sa part, le directeur de la Communication de la DGSN, Djilali Boudalia, a déclaré hier à l’APS que plusieurs mesures ont été prises par son institution, en faveur des agents des unités républicaines de sécurité. Selon M. Boudalia, la DGSN s’est engagée à prendre en charge toutes les préoccupations socioprofessionnelles soulevées par les représentants des protestataires, notamment en ce qui a trait au logement, aux horaires de travail, la prime de zone ainsi que le travail dans les wilayas du Sud. Parmi ces mesures, la DGSN s’est engagée à revoir le volume des heures supplémentaires de ces agents de l’ordre, l’affectation au Sud ne dépassera pas 3 ans, la durée maximale de service dans cette zone sera de 5 ans, et la durée des missions pour le rétablissement de l’ordre seront limitées à deux (02) mois. Outre la révision des frais de mission, la direction générale s’est également engagée à «examiner» la préoccupation liée à la prime de zone. Pour ce qui de l’avancement dans la carrière, un système de régularisation dont la gestion est informatisée, a été mis en place permettant, chaque six mois, à des fonctionnaires d’être promus sur la base de critères bien définis. Tout en assurant les protestataires qu’aucune sanction ne sera retenue à leur encontre, la DGSN a exhorté les agents à mettre en œuvre le principe de «l’abnégation» et le sens du «sacrifice» qui caractérisent cette profession.
Abdelmalek Sellal à l’écoute des protestataires
Concernant le logement, le DGSN a déclaré que «chaque fonctionnaire en aura droit», promettant par la même occasion de régulariser la situation des logements de fonction conformément au décret exécutif n°13-153 daté du 11 avril 2013, relatif au cession des biens de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI). La mesure, a-t-il précisé concerne exclusivement les logements éparses de la DGSN et qui se situent en dehors des cités policières et se fera, après étude de chaque dossier, au niveau de chaque sûreté de wilaya en coordination avec les services de l’équipement et des finances. Devant l’ampleur de la manifestation initiée par des hommes en bleu, la première du genre dans le pays, et afin de rassurer les policiers quant à la prise en charge de leurs revendications, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a reçu dans l’après-midi d’hier, dans le bloc des conseillers à la présidence de la République (ancien siège du ministère des Affaires étrangères), une délégation composée d’une cinquantaine de personnes représentant les agents de police relevant des Unités républicaines de sécurité qui ont organisé un rassemblement devant la présidence de la République.
A.C

