Timizart Bénéficiaires des dispositifs Ansej et Cnag – Entre espoir et difficultés

A l’instar des autres communes de la wilaya , beaucoup de jeunes de la municipalité de Timizart sis dans la daïra d’Ouaguenoun ont bénéficié de l’aide octroyée par les deux organismes, à savoir L’ANSEJ et le CNAG, chargés de cette mission pour la création de petites entreprises à même de réduire le chômage chez les jeunes. Mais une fois dépassée la joie de l’obtention des prêts et l’acquisition du matériel, une dure réalité se dresse devant ces nouveaux opérateurs : l’absence de marchés à même de rentabiliser leur activité. Un tour d’horizon parmi certains bénéficiaires nous donne la pleine mesure de la difficulté dans laquelle ils se débattent tant les choses ne sont pas évidentes et ne coulent pas de source et pour cause ! En effet, une fois le parcours du combattant terminé et qu’enfin le matériel nécessaire, dont la fameuse voiture, obtenu pour entamer leur activité les bénéficiaires de l’ANSEJ et du CNAG se trouvent souvent confrontés à la lancinante question : comment rentabiliser leur entreprise nouvellement créée et remonter la pente des dettes contractées et tirer des bénéfices afin de pouvoir rembourser à temps et selon l’échéance imposée par la banque et les organismes débiteurs de prêts ? Pour beaucoup d’entre eux, les choses ne sont pas faciles. Ainsi pour cette dame qui a lancé un atelier de confection de prêts -à-porter au niveau de la commune de Timizart : « La première difficulté est de s’acquitter des dettes contractées à l’acquisition d’une local avant même de lancer l’activité. Les propriétaires nous exigent de payer à l’avance deux années de loyer, à raison, pour les prix les plus bas, de 8000 DA le mois. De fait, avant même de commencer notre activité on part avec un déficit de 192 000 DA pour les moins exigeants » nous dira-t-elle. S’ajoute à cela le fait que l’exploitation du local ne devient affective qu’une fois effectuées les procédures administratives auprès des impôts, de la banque et de l’ANSEJ ou du CNAG. « On se retrouve à payer le loyer d’un local à perte car non exploitable puisque le matériel ne nous est pas encore livré » nous confiera un autre jeune de la commune dans la même situation. « Entre le moment de notre éligibilité et celui où l’on acquiert enfin le matériel, on aura investi de nos poches pas moins de 100 000 DA répartis entre le loyer du local, les navettes entres les sièges de l’ANSEJ, les innombrables photocopies de toute la paperasse y inhérente, les déplacements vers la banque, l’aménagement du local. Tout cela fait que lorsqu’on démarre vaille que vaille réellement nos activités, nous avons déjà un trou énorme à combler » ajouta-t-il. A cette dette devrait s’ajouter celle de la banque qu’il faudra payer à échéance mais aussi faire face chaque mois à la taxe à payer aux impôts, le comptable et la location du loyer qu’il faudra bien renouveler. Dés lors, s’en sortir devient un sacré problème. « Le seul moyen de se tirer d’affaire et de parvenir à rentabiliser notre entreprise est d’obtenir des soumissions auprès des organismes étatiques, nous dira ce jeune qui a obtenu de l’aide pour monter un atelier de menuiserie, mais comme les marchés sont pris par des entreprises plus rodées que nous, on est réduit à se contenter de commandes domestiques que nous font nos concitoyens. Il est évident que de cette sorte on ne pourra jamais rembourser nos dettes antérieures et postérieures au lancement de notre activité ». L’idéal aurait été peut-être, que la banque ayant accordé les prêts mais aussi L’Ansej et le Cnag, assistent ces jeunes opérateurs et opératrices dans des secteurs pourtant rentables comme la confection, la menuiserie, la plomberie, la soudure, l’électricité par un suivi en déléguant des agents aguerris à même de leur faire obtenir des marchés auprès des entreprises tant privées qu’étatiques, en leur assurant une publicité qui puisse les lancer sur la marché mais aussi en les aidant à mieux gérer leurs ateliers sur le plan comptabilité et communication. « C’est en principe dans l’intérêt de la banque et de L’ANSEJ, car plus on travaille, plus on devient rentables et surtout solvables. », nous dira la gérante d’un atelier de confection sis à Timizart. Un autre bénéficiaire de l’Ansej nous dira : « Il aurait été aussi souhaitable qu’un décret ministériel oblige les municipalités, les entreprises étatiques à accorder dans leur offre une part de marché aux bénéficiaires de l’ANSEJ et du CNAG afin de les encourager au maximum d’autant plus que si ces petites entreprises marchent, cela signifiera création d’emplois et résorption du chômage. »

 

A. S Amazigh