La Dépêche de Kabylie

Ouadhias : Nna Ouzna et Dda Belkacem toujours sous une tente – SDF depuis avril dernier

Sans abri depuis le 4 avril dernier, après l’effondrement de leur maison suite à des pluies torrentielles, Nna Ouzna et Da Belkacem Toukal, habitant à Aït Abdelkrim, un village niché sur les hauteurs de la commune des Ouadhias au sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, tous deux dépassant les 80 ans, occupent une tente installée par la protection civile locale. Il est à rappeler que ce vieux couple est véritablement poursuivi par la malchance, puisqu’il avait déjà perdu sa première maison durant les intempéries de 2012. C’est un cousin qui vint au secours des deux vieux époux, en leur léguant une maison. Et c’est celle-ci qui fut emportée par la pluie dans la nuit du 4 Avril 2014. Le comité de village avait alerté les sapeurs de la protection civile qui ont installé la dite tente pour abriter provisoirement le couple. Il faut souligner par ailleurs que Dda Belkacem est invalide à 100%. Nous avons sur ces mêmes colonnes, à maintes reprises, rapporté les souffrances et le quotidien difficile du vieux couple, pour interpeller les instances compétentes sur sa situation, mais en vain. Six mois après, les deux vieux époux vivent toujours dans les mêmes conditions déplorables. Nna Ouzna profitera de notre présence pour s’en prendre aux responsables : «Voilà à quoi est réduit mon destin dans mes vieux jours. Mon droit à une vie décente est bafoué. Méritons-nous cette misère après tous les sacrifices que nous avons faits pour que l’Algérie soit libre et indépendante ! Voyez toutes les séquelles que la guerre m’a laissées. J’ai tout un dossier qui le prouve, je suis une Moudjahida de la première heure. J’ai quand même le droit à un toit digne…», nous dira-t-elle. Interrogée sur les démarches qu’on aurait éventuellement exigées d’elle, notre interlocutrice rétorquera : «toutes les démarches nécessaires ont été faites auprès des services concernés, en vain. Des logements ont été attribués, mais nous n’en avons pas bénéficié». Elle poursuivra : «Les responsables m’ont pourtant promis de revoir mon cas. Mais il n’y eut pas de suite à ce jour». M. Tareb Ali, président du comité du village, que nous avons contacté souligne que les responsables de daïra des Ouadhias ont demandé au vieux couple de s’acquitter d’une facture de trois millions de centimes au niveau de l’OPGI de Tizi-Ouzou pour que le problème soit résolu définitivement. «Cette exigence a été satisfaite le 25 septembre dernier au niveau de l’OPGI de Tizi-Ouzou, mais plus d’un mois après, aucune bonne nouvelle n’est venue les soulager. C’est vraiment aberrant !», expliquera notre interlocuteur s’indignant du fait que le couple continue de vivre dans des conditions lamentables. Du côté des responsables, le maire que nous avons abordé dira «les autorités locales ont saisi les services concernés quant au cas de ce vieux couple. La commune dispose de deux logements, mais ceux-ci sont squattés. L’affaire est entre les mains des responsables compétentset nous espérons que la situation va trouver son épilogue dans les plus brefs délais». A quelques jours du 1er Novembre, Nna Ouzna a voulu lancer un cri de détresse à l’adresse des hauts responsables : «J’ai tout sacrifié pour que nous soyons tous libres. Aujourd’hui, je ne demande rien d’autre qu’un toit où nous puissions vivre nos derniers jours et mourir tranquilles !», nous dira-t-elle, les yeux en larmes.

M. Z

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