L’environnement se dégrade davantage

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L’environnement a pris un sacré coup ces derniers temps à Amizour. Les accotements, les caniveaux, les fossés et même les places publiques sont devenus de véritables réceptacles de tous genres de déchets.

On jette tout et partout dans les quartiers, les rues, les routes et surtout les sous bois, lieux de rencontre des adeptes de boissons alcoolisées, insoucieux de l’environnement qu’ils polluent. A voir ce nombre effrayant de canettes et bouteilles de bière et vin, l’on peut dire que ces pollueurs ont surtout l’envie d’agresser les espaces par les divers emballages que de prendre le plaisir d’y goûter à leur contenu. Le décor est souvent amer. Des poubelles à ciel ouvert envahissent presque tous les espaces, que ce soit au quartier «Eucalyptus», aux alentours de l’hôpital ou à la partie Nord de la ville sur la route menant vers Timezrit, pour ne citer que ces endroits. Les jeteurs de canettes et autres bouteilles d’alcool ne s’y inquiètent nullement, étant qu’ils restent les maîtres des lieux surtout à la tombée de la nuit. Par ailleurs, rien ne peut les dissuader puisque aucune mesure n’est entreprise pour une prise de conscience collective, si non au moins pour éviter les jets par terre ou les envahissements par ces produits non dégradables, en mettant au niveau de ces endroits des poubelles. Il est vrai que des opérations de nettoyage, dans le cadre de Blanche Algérie, ont été menées, mais les services de nettoyage de l’APC se voient dépassés à récupérer ces tonnes d’emballages. «Un effort est consenti par nos soins en matière de ramassage et collecte d’ordures, mais l’insouciance et l’incivisme de ces gens nous ramènent toujours à la case de départ, comme si rien n’a été fait», déplore Moukhtar Bouzidi, P/APC d’Amizour, qui pense également que, dans un premier temps, il est nécessaire de placer des poubelles dans ces endroits «sales», histoire d’éviter l’envahissement de ces tas de canettes et de bouteilles. Un autre citoyen trouve, pour sa part, que les services communaux doivent redoubler d’efforts pour nettoyer souvent les endroits fréquentés par ces pollueurs, cela pourrait les décourager à laisser par terre leurs bouteilles. Mais l’endroit le plus touché par cette pollution d’incivisme est surtout le lit de l’Oued traversant la ville. Outre les divers déchets et détritus, les eaux usées coulent le long de ce cours d’eau asséché dégageant des odeurs nauséabondes. Beaucoup d’encre a coulé concernant le projet de curage et de bétonnage des berges de cet Oued, mais des années se sont passées et l’on a constaté que la dégradation va crescendo et que les risques d’éventuels débordements en cas de fortes crues ne sont pas à écarter. Pour rappel, la ville d’Amizour a été classée zone rouge en 2010 par un bureau d’étude de Sétif, suite au risque d’inondation en cas de débordement du cours en question. Mais depuis cette date à ce jour, l’on peut dire que le risque a doublé vu les nombrables déchets et ordures qui s’y trouvent, pouvant devenir de réels obstacles à l’écoulement des eaux pluviales. Une décision urgente est prise par l’APC ces derniers jours. Elle consiste en le prolongement du réseau d’assainissement pour éviter les déversements sur le lit de l’Oued. Mais Le danger reste le même, du fait que les ordures et divers déchets sont jetés en pleine nature. Amizour ne fait pas l’exception, puisque d’autres communes vivent au rythme de ce phénomène qui touche à l’environnement et à la santé publique. Des citoyens qui se tuent à petit feu puisqu’ils sont à la fois le bourreau et la victime. À cet effet, un grand travail collectif, notamment par les associations, doit s’y impliquer à l’effet de booster les consciences et de casser le cercle vicieux de polluer l’environnement et d’en subir les conséquences.

Nadir Touati

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