Deux stèles au programme

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En ce soixantième anniversaire du déclenchement de la lutte armée, aussi bien des cérémonies que des stèles inaugurées ici et là pour honorer les martyrs de la révolution sont au menu dans de nombreuses régions de la wilaya. Deux stèles ont été accordées à cette municipalité. Si tout va bien, elles seront réalisées dans les délais. « C’est un programme de wilaya », nous confiera M. Rabah Makhlouf en sa qualité de maire. Et de poursuivre:  » pour la première, elle sera érigée à la mémoire de tous les martyrs inhumés au carré de la Zaouia de Sidi Abderahmane. En principe, on essaiera de la concrétiser pour qu’elle soit inaugurée le cinq juillet prochain. Les procédures ne tarderont pas à être lancées ». Il faut dire que cette commune rurale au pied du Djurdjura a tant donné pour la révolution. Quant à la deuxième, elle sera dédiée au chanteur révolutionnaire, feu Farid Ali. Ce dernier, rappelons-le, non seulement il était engagé dans le mouvement national, mais aussi il a composé des chansons patriotiques dont l’immortelle « A yemma Aâzizen Our tsrou », « ô chère maman, ne pleure pas! » une chanson écoutée même dans les maquis. C’était vraiment une chanson mobilisatrice en hommage aux femmes et aux mères ayant vu leur mari et leurs enfants épouser la lutte armée. Cette stèle, selon le P/ APC, est prévue dans son village Ikhelfounène à quelques centaines de mètres du chef-lieu. Cette reconnaissance viendra s’ajouter à la baptisation faite en son nom à la bibliothèque communale. Dans le même ordre d’idées, rappelons que l’association Tagmats de Lyon, présidée par Dalil Makhloufi, et le comité de village d’Ikhelfounène avaient déjà érigé juste en contre- bas de son domicile familiale, une petite stèle en hommage à cet artiste de la révolution, le premier à avoir utilisé le mot «amazigh» dans la chanson… (Avridh ik yehwan awith», «Prends le chemin que tu veux). En même temps, un colloque avait été organisé sur le parcours de cette icône de la chanson patriotique et de la chanson kabyle durant son époque. Pour rappel, de son vrai nom Khelifi Ali, connu sous le pseudonyme Farid Ali, est né le 9 janvier 1919 à Ikhelfounène du ârch des Ath Smaïl. Il quittera son village en 1935 pour Alger où il exercera comme cordonnier avant de prendre le chemin de l’immigration vers la France en 1937. En 1956, il sera arrêté par l’armée française. Il sera libéré après une année et à sa sortie de prison il intégrera la chorale du FLN. En 1964, il sera arrêté une seconde fois et cette fois-ci par les siens. Libéré en 1965, il reprendra le chemin de l’exil en 1967. Il décédera le 19 octobre 1981 à Boghni à l’âge de 62 ans laissant derrière lui un répertoire de chansons immortelles.

A.O.

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