Seddouk : Parti pour la France en 1944 – L’histoire fabuleuse de Belkacem Benbellout

Né le 9 juillet 1906 à Takaâts, dans la commune de Seddouk, Belkacem Benbellout fit la traversée de la Méditerranée au début des années 1930. Il s’installe en France pour ne plus humer la terre de son village natal jusqu’à vendredi dernier. Belkacem ou, plus précisément, ses ossements ont été rapatriés, 84 ans plus tard après son exil, par ses proches pour être ré-inhumés au cimetière de Sidi Tahar à Seddouk. Selon ses proches, Belkacem Benbellout, qui travaillait comme mouleur, mourut des suites d’une pneumonie, le 23 décembre 1944, quelques mois après la libération de Paris des mains des Nazis. Il fut enterré au cimetière musulman de Bobigny dans l’anonymat le plus total. Le départ sans retour de Belkacem n’a pas laissé ses proches indifférents. En effet, son neveu, Bezza, parti dans l’hexagone en 1949, a remué terre et ciel pour le retrouver, en vain ! Bezza rendit l’âme en 1994, sans pour autant réussir à ramener, à Takaâts, son oncle. Même après la mort de Bezza, les recherches pour retrouver la tombe de Belkacem Benbellout n’ont pas cessé. Pour perpétuer la mémoire de son oncle, Bezza donnera à son fils ainé le nom de l’oncle sans sépulture, Belkacem en l’occurrence. C’est ainsi que ce dernier reprit, à son tour, les recherches, histoire d’exaucer un vœu d’un père, qui a sillonné tous les cimetières de l’Ile de France, sans succès. «Vous imaginez alors, qu’elle fut mon émotion et ma joie lorsque la conservatrice me confirma que sa tombe existait», nous a déclaré Belkacem, son petit neveu, qui venait, en ce mois de mars 2013, de retrouver le cimetière tant recherché. Ainsi, neveux et nièce du défunt, installés en majorité dans la région parisienne, demandèrent avec succès l’autorisation d’exhumer et rapatrier le défunt en terre algérienne. Vendredi dernier, il fut ré-inhumé parmi les siens au cimetière de Sidi Tahar. «On lui redonne une mémoire et par la même occasion on exauce le vœu de mon grand-père (son frère) et de son neveu (mon père)», dira, la gorge étreinte d’émotions, Belkacem Benbellout. «Et maintenant, repose en paix avec le sommeil d’un juste», ont dit en chœur les membres de la famille, qui ont fait le déplacement à bord d’un vol Aigle Azur, mais aussi de Béjaïa et d’El-Kseur pour assister à la cérémonie.

F. A. B.