Les citoyens ont fini par s’habituer aux fermetures récurrentes des routes, pendant des journées entières.
Mais voilà qu’à Aokas, on innove. Depuis avant-hier matin, les contestataires de la liste des bénéficiaires des logements sociaux, affichée la veille, ont investi la RN 9 pour la bloquer à la circulation même la nuit. Ils y ont passé la nuit et ont refusé l’accès à tous les véhicules, exception faite aux ambulances et aux voitures transportant des malades. Résolus à ne lever le piquet de protestation qu’après la venue du wali pour lui soumettre leur doléance. Celle-ci se résume à la révision de la liste des bénéficiaires des logements, entachée, selon eux, d’irrégularités. La situation s’enlise de jour en jour et les autorités compétentes ne daignent toujours pas rencontrer les contestataires. Ces derniers, outre la fermeture des sièges de la daïra et de la mairie et le blocage de la RN 9 au niveau du tunnel et du village de Tala Khaled pour éviter que les usagers n’empruntent le chemin de transit par Timeêrest et Tizi N’Berber, ont appelé toute la population à un rassemblement devant le siège de la daïra pour la matinée d’aujourd’hui. Contacté le président de l’APC de la localité a déclaré que les contestataires devraient plutôt favoriser la voie réglementaire en formulant des recours. Il dira, en substance, que si des réserves fondées sont enregistrées, il ne sera pas contre la radiation de quelques bénéficiaires même s’il est convaincu que le travail a été bien fait par la commission. Il argumentera par ailleurs, en affirmant que le mouvement associatif a été associé à la confection de la liste. Mais les formations politiques ne l’entendent pas de cette oreille. Elles ont saisi l’occasion pour revenir au devant de la scène politique locale. Après la déclaration de l’élu communal sur la liste ANR (voir notre article d’hier), c’est au tour du FLN de se dissocier de la gestion de la collectivité par le RCD, alors que l’un de ses élus fait partie de l’exécutif communal. Le FFS, de son côté n’a réagi qu’avant-hier au soir en placardant une déclaration dans laquelle la section locale a fustigé les élus du RCD et la section communale du même parti qui n’auraient pas hésité à «voler les biens publics destinés aux nécessiteux», en portant les noms de leurs frères et proches sur la liste alors qu’ils ne sont pas dans le besoin. Pour les rédacteurs, «le RCD, par cet acte ignoble, démontre combien il veut se servir et servir les siens». En conclusion de la déclaration, le FFS appelle les autorités à assumer leurs responsabilités en «ouvrant une enquête pour remédier à ce grave problème qui peut dégénérer à tout moment». Enfin, dans le même sillage, il fait appel à la justice qui doit s’impliquer pour que «l’exécutif RCD soit auditionné aux côtés des présidents d’associations qui doivent apporter leur témoignage quant au degré de leur participation dans la confection de la liste». C’est le branle-bas de combat dans la commune d’Aokas. D’un côté un exécutif communal et un chef de daïra qui pensent avoir fait un bon travail et de l’autre des postulants mécontents soutenus par l’ensemble de la population. Qui aura gain de cause ? L’avenir nous le dira.
A. Gana
