Le Moudjahid Hend Ou Belkacem immortalisé

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Ce samedi 15 novembre 2014, les moudjahidine de la Kasma d’Azzefoun, en présence des autorités de la commune et de la Daïra ont procédé à la baptisation du nouveau centre hospitalier de cette ville côtière. Désormais cet établissement public portera le nom de Hend Ou Belkacem, de son vrai nom Larbi Ahmed. A cette cérémonie il y avait un nombre important de moudjahidine, anciens compagnons du héros. Ils sont venus de toute la Kabylie, de Bgayet, d’Alger et de tous les villages environnants. Il y avait la famille, les amis, des hommes et des femmes et beaucoup de jeunes. Le collège où est organisée cette rencontre commémorative avait du mal à contenir tout ce monde. Vers dix heures, après l’ouverture officielle de la cérémonie, la parole est donnée aux anciens compagnons de combat de Hend Ou Belkacem. En substance tout le monde s’accorde à dire que ce héros était un militant convaincu, un moudjahid courageux et un stratège exceptionnel. Comme officier il était adroit, sage de très bonnes relations avec les hommes de sa compagnie. Il était estimé de tous ceux qui l’avaient côtoyé et particulièrement craint de l’ennemi à qui il donnait des sueurs froides rien qu’en évoquant son nom.  Son fils que nous avons rencontré à cette occasion nous raconte: « Mon père a débuté dans le militantisme lorsqu’il était ouvrier à Alger. Secrètement, il a participé aux attentats contre les Européens de la grande ville. Mais il a dû fuir vers la Kabylie lorsqu’il était qu’il était recherché par la police coloniale. De son côté M. Larbi Mustapha, professeur à la retraite, fils de moudjahid et neveu de notre héros, mais aussi auteur d’ouvrages littéraires et spécialisés confirme: « Mon oncle Hend Ou Belkacem avait une formation militante renforcée par un courage exceptionnel et forgée à l’exercice de la guérilla urbaine, les combats dans les maquis de Tamgout, de Bounaamane, d’Akfadou jusqu’aux confins du Djurdjura qu’il a parcourus durant la guerre.  Pour El Hadj Ali Magoura, compagnon de guerre, ancien officier de l’ALN et commandant de l’ANP à la retraite, « Hend Ou Belkacem était un moudjahid infatigable, un officier courageux et respecté. Il a eu plusieurs opérations à son actif. Parmi les attaques dont je me souviens il y avait l’embuscade  Ihemziouene, de Mlatha, à la sortie ouest d’Azzefoun et Boussada dans la commune actuelle de Zekri.  Dans toutes ces opérations l’ennemi avait perdu des dizaines de soldats et les moudjahidine avaient récupéré des armes. »  Parmi ses compagnons je cite le commandant Ali Boulklhou, Amar Ouazoug, Amar n’Said Arezki… du village Igermenane et El Hocine Boulkhou.   A l’indépendance,  Ses parents affirment que durant les événements d’Alger en juillet 1962, Hend Ou Belkacem a été appelé en renfort pour aider à trouver une solution à la crise. Hend OuBelkacem est né en 1926 à Tidmimine, village de la commune d’Azzefoun perché sur le col du même nom et situé entre la mythique montagne de Tamgout et la mer Ibahrien, à une dizaine de km plus bas. Larbi Ahmed est issu d’une famille de dix enfants dont six garçons et quatre filles. Ses parents vivaient comme tous les paysans de chez nous, de la terre, de l’arboriculture et de l’élevage. Vers l’âge de onze ans, Ahmed quitte Tidmimine pour aller à Alger où vivait une large communauté originaire de cette région. Ahmed travaillait dans le commerce et fréquentait les jeunes algérois. Il s’initie à la politique et devient vite fidaï. Il connut Yacef Saadi qui était originaire de Sidi Yahia, village voisin de Tidmimine et auprès duquel il avait acquis une formation militante endurcie, affirment ses parents présents à cette cérémonie. Larbi Ahmed, dit Hend Ou Belkacem est décédé le 04 février 2000 à l’âge de 74 ans. Il laissa derrière lui un héritage historique que les générations, actuelle et future, ne doivent pas ignorer.

Akli Gasmi

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