«Les bidonvilles seront éradiqués d'ici la fin de l'année»

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Réagissant à l'agitation qui s'est emparée, ces derniers jours, des populations des habitations précaires du chef-lieu et de la banlieue de la ville de Tizi-Ouzou, le chef de la daïra de la circonscription se veut serein et rassurant, en annonçant que tous les sites de bidonvilles seront éradiqués avant la fin de l'année.

«Nous entamerons l’année 2015 avec zéro sites d’habitations précaires », promet-il. En d’autres termes, il annonce le relogement très prochain des habitants du bidonville de Sikh Oumedour et de la carrière. Pour rappel, les déshérités de la cité Mokadem ont été relogés cette semaine…au lendemain de leur sortie dans la rue. Ce qui n’a pas manqué de soulever bien des réactions allant jusqu’à pointer du doigt « cette administration qui ne réagit que sous la pression ». M. Doumi Djilali, chef de la daïra de Tizi-Ouzou, rétorque que « ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Pour nous administration, ce ne fut qu’une simple coïncidence si ce n’est pas une prise de vague comme on dit. Pour le site Mokadem, les services de la daïra étaient sur le dossier depuis déjà plus d’une année. Et je précise au passage que c’est tout à fait normal que ça prenne tout ce temps, car il nous fallait procéder aux vérifications nécessaires en ce qui concerne le fichier local, et même national d’ailleurs, et surtout prendre connaissance de la réalité de la situation des occupants. Et puis les logements n’étaient pas encore prêts. Il y a à peine une semaine qu’ils ont été achevés. Et il était prévu que, le dimanche qui suivait, on devait arrêter la liste définitive des bénéficiaires. Et ce fut ce jour-là que les gens sont sortis dans la rue…  Pour nous, après tout, peu importe, l’essentiel c’est que l’administration était prête pour l’opération et on n’a fait que continuer sans affolement l’exécution de notre plan de travail ». Et ce plan de travail, explique M. Doumi, consiste en l’éradication totale et définitive, de tous les sites bidonvilles qu’il désigne par groupement de constructions précaires. « C’est un dossier qui a été entrepris en 2007. Il a d’abord fait l’objet d’un recensement qui a donné lieu à l’inscription d’un programme spécial. On a commencé par une première opération en 2013 avec l’éradication de cinq points dont celui de Tazmalt El Kef. Ce qui nous avait permis d’ailleurs d’achever l’ouvrage implanté sur le site et d’ouvrir la liaison de la RN12 et du tronçon qui raccorde le pont de Bougie à la rocade Sud de la ville de Tizi-Ouzou. Ca nous a surtout permis de rendre fonctionnel un projet qui était en suspens depuis plus d’une dizaine d’années. Le deuxième, c’est celui de l’ex-Souk El Fellah. La récupération du terrain nous a permis la réalisation de quatre directions de wilaya et nous disposons encore d’un cinquième espace sur place pour la réalisation d’un autre équipement public. Le troisième site c’est celui de la piscine qui est né doit-on le rappeler, en 2003 suite au séisme. Les familles ont été aussi évacuées et nous avons récupéré le site et nous sommes en train de réaliser deux grands projets au profit de la jeunesse. Le quatrième site c’est celui de l’ENIEM. Là il s’agissait de hangars qui ont fait l’objet d’une occupation, toujours à la période du séisme, par des citoyens qui étaient dans le désarroi. L’évacuation des familles en question a abouti là aussi à la récupération de l’espace dans sa totalité y compris la structure. Au jour d’aujourd’hui, le site a été attribué à la nouvelle entreprise de transport urbain de Tizi-Ouzou qui y est installée », explique-t-il encore avant de poursuivre dans un enchaînement aux allures d’engagement envers les populations de Sikh Oumedour et de la carrière : « Les deux sites restants sont la base Pascal de la zone de Sikh Oumedour où on dénombre 36 cas et le site de la carrière où on a recensé 101 cas. La base Pascal, c’est une ancienne base de vie occupée bien avant 2003, et la carrière, c’est une occupation qui s’est faite progressivement dans le temps. Et concernant ces deux sites, la procédure administrative a bien avancé. Les contrôles des fichiers ont été déjà effectués et nous sommes aux dernières retouches avant de procéder au relogement des familles. Et nous sommes décidés à éradiquer tous ces sites d’ici la fin de l’année », lance-t-il comme une promesse publique aux concernés. A rappeler que 156 familles ont été concernées dans la dernière opération de relogement des habitants de la cité Mokadem, et 18 du site du Croissant Rouge, initiée cette semaine. M. Doumi insiste par ailleurs sur la nécessité de récupérer aussitôt les terrains et les structures des sites « libérés » pour y implanter des équipements publics. Le chef de daïra ne cache pas sa crainte de revoir ces sites réoccupés par d’autres familles en cas de laisser-aller, comme ce fut d’ailleurs le cas pour le site de la cité Mokadem qui avait déjà fait l’objet d’une prise en charge partielle en 1998… « Il est temps que les responsables à tous les niveaux tirent des leçons de leurs erreurs. Et la préservation de ces espaces doit être la première préoccupation de l’autorité locale. Il n’est pas question de laisser ces espaces, libres, au risque de les voir à nouveau investis. Il faut absolument que ces espaces servent à des équipements publics qui sont d’ailleurs déjà ciblés », avertit M. Doumi.

D. C.

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