La population en colère

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Un grave accident de la circulation s’est produit énième, avant-hier samedi, au niveau de l’un des plus dangereux et meurtriers virages du CW98, dénommé route de Sélim, entre deux véhicules légers et s’est soldé par cinq blessés, dont deux jugés graves, et d’importants dégâts matériels.

Un accident de plus, un de trop qui a fait réagir les riverains qui ont aussitôt occupé la chaussée en guise de protestation après que les blessés ne soient évacués vers les urgences de l’EPH de M’Chedallah par la protection civile. Abdelkader, qui était hors de lui, nous expliquera que ce virage appelé localement « Tourna Si Amar » enregistre chaque semaine ce genre d’accident plus au moins graves et d’affirmer que plus d’une quinzaine de personnes sont mortes en ces lieux sans compter ceux qui s’en sont sortis avec des séquelles handicapantes à vie et d’incalculables dégâts matériels. Il explique ce mouvement de protestation des riverains par le fait que plusieurs requêtes adressées à toutes les autorités pour l’aménagement de panneaux, plaques de signalisation ou de ralentisseurs pour limiter les dégâts et éviter de nouvelles pertes en vies humaines en ces lieux, sont restées lettres mortes, bien que l’ex wali a dépêché une commission technique, il y a plusieurs années, pour prendre les dispositions nécessaires et mettre un terme à l’hécatombe. « Rien n’a été entreprit à ce jour», fulmina un autre citoyen pris d’une colère noire. Ce virage en épingle à cheveux, bordé des deux côtés par des alignées discontinues d’oliveraies qui réduisent sensiblement la visibilité est prolongé dans les deux côtés par de longs tronçons en ligne droite qu’empruntent les usagers à grande vitesse, ce qui explique la gravité des accidents de plus une bretelle qui desserve la localité de Thilmathine a été aménagée au creux même de ce dangereux tournant. La majorité des accidents en ces lieux arrivent à ceux qui quittent ou rejoignent le CW98 à partir de cette bretelle. L’autre aberration est l’aménagement d’abris-bus dans la courbe même du virage à laquelle s’ajoute l’absence de panneaux ou plaques de signalisation, des lacunes que ne cessent de signaler et cocher sur PV les services de la gendarmerie et de la protection civile de M’Chedallah à chaque nouvel accident sans que les organismes concernés ne réagissent pour faire le nécessaire et protéger les usagers de cette route à grande circulation sur laquelle le danger serait multiplié par dix durant la toute proche campagne d’oléiculture, sachant qu’elle traverse en plein milieu des oliveraies sur une distance de 20km entre Amara à partir du carrefour de la nouvelle ville de M’Chedallah jusqu’à l’embranchement de Takaâts dans la commune d’El Adjiba. Les citoyens qui se sont regroupés sur les lieux de l’accident avertissent et lancent un ultimatum, «si rien n’est fait d’ici la fin de la semaine, notamment l’aménagement de ralentisseurs et de panneaux de signalisation, cette route serait fermée à la circulation le temps qu’ils faudra jusqu’à satisfaction de ces légitimes revendications», lancèrent-ils à l’unisson.

Oulaid Soualah 

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