« Presque toutes les stèles et les carrés des martyrs de notre commune sont à l’abandon », s’écriera M. Ali Yabadène en sa qualité de premier responsable de la Kasma des Moudjahidine de la commune alors que toute cette année est décrétée comme une année de commémoration du soixantième anniversaire de la guerre de libération nationale. «A commencer, nous dira-t-il, par la stèle du premier novembre du centre-ville démolie par un camion après avoir dérapé en mars 2007. Depuis, je n’ai pas cessé de batailler pour sa reconstruction. Tous les rapports établis à ce sujet sont restés sans résultat. Dernièrement, le chef de daïra m’a rassuré qu’elle serait prise en charge. Mais, je ne vois rien venir», nous confiera-t-il. Aâmi Ali nous montrera tout un panorama de photos et de stèles de la région entre autres celles de Hennia, de Maâmar, du monument dédié aux martyrs sis au jardin à proximité de la sûreté de daïra, à l’endroit où est érigée la stèle des cinq colonels, à savoir, Krim Belkacem, Amar Ouamrane, Ali Mellah, Mohamed Zamoum dit Si Salah et Slimane Dehilès. Cette stèle est non seulement à l’abandon depuis des années, mais aussi elle n’est qu’au stade d’une carcasse en béton et rien d’autres… « Ce n’est pas facile de parler des cinq colonels. Mais qu’est ce qu’on leur a fait au moins pour que les générations futures s’inspirent de leur sacrifice pour la libération du pays? », nous interrogera-t-il. Et de poursuivre: « certaines sont en dégradation avancée alors que d’autres sont devenues des lieux où l’on jette tout. Un peu de respect pour leur mémoire ». Le président de l’ONM locale souhaite que ses appels trouvent au moins des échos quelque part. « Non seulement, il faudrait qu’elles soient clôturées en dur et leurs esplanades dallées, mais aussi il faudrait même y affecter des agents de nettoyage qui les prendraient en charge quotidiennement », s’insurgera-t-il. Notre interlocuteur nous apprendra que des fiches techniques ainsi que des rapports détaillés avec photos seront déposés au niveau de l’ONM de Tizi-Ouzou afin de demander leur rénovation d’autant plus que le ministre a même insisté sur la sauvegarde de ces hauts lieux qui constituent la mémoire de tout le peuple algérien. Par ailleurs, Aâmi Ali nous informera qu’une vingtaine d’édifices publics notamment des écoles et des autres établissements scolaires seront baptisés au fur et à mesure de la célébration des fêtes nationales. Effectivement, à titre d’exemple, le collège communément appelé CEM Nouveau attend sa baptisation depuis plus de trente ans. Il y en a d’autres: le CEM dit Base 7 ou encore l’école primaire, ex annexe du CEM frères Harchaoui. Des lotissements attendent toujours leurs noms. Aâmi Ali est décidé à aller jusqu’au bout de son ambition qui n’est autre que celle d’immortaliser tous ces martyrs qui se sont sacrifiés pour la libération de ce pays. Cette municipalité compte 275 martyrs. Si l’on considère l’ex commune mixte qui a regroupé les quatorze communes du sud de la wilaya, ils sont quelque huit mille martyrs.
Amar Ouramdane
