La Chambre de l’agriculture de la wilaya de Tizi-Ouzou est fermée, depuis avant-hier, jeudi, et ce pour une durée indéterminée. Une action enclenchée par les membres de la fédération des éleveurs de bovins de la wilaya qui réclament le renouvellement du Conseil d’administration de la chambre qui, selon eux, « n’est plus représentatife».
En effet, ils étaient quelques dizaines de personnes à observer, avant-hier matin, un rassemblement devant le siège de la Chambre de l’agriculture de Tizi-Ouzou sis au chef-lieu de wilaya. Il s’agit des représentants de la corporation des agriculteurs, toutes sections confondues, qui ont répondu à l’appel lancé par la fédération des éleveurs de bovins (viande et lait) de la wilaya de Tizi-Ouzou. Ces derniers se sont réunis, dans un premier temps, au niveau du siège local de l’Union nationale des paysans algériens (Unpa), pour ensuite improviser une petite marche jusqu’au siège de la Chambre de l’agriculture. Des prises de paroles ont été improvisées sur place, alors que des banderoles résumant la colère des agricultures ont été accrochées devant l’entrée des bureaux de la chambre, désormais, fermée pour une durée indéterminée. Les protestataires conditionnent la réouverture par «le renouvellement, dans les plus brefs délais, des membres du bureau de la chambre de l’agriculture». Constituant leur principale revendication, les agriculteurs exigent «qu’il soit mis fin aux fonctions du président du Conseil d’administration de la chambre de l’agriculture», comme l’a indiqué Rabah Ougmat, président de la fédération des éleveurs de bovins de la wilaya. «L’actuelle chambre est désapprouvée par la corporation des agriculteurs», affirmera-t-il. Les protestataires appellent, ainsi, au renouvellement du bureau dont les membres «sont les mêmes à être désignés depuis 25 ans», souligna, de son côté le secrétaire général de l’union nationale des paysans algérien (Unpa) qui a aussi adhéré à la manifestation. Djamel Himeur, rencontré le même jour au sein du bureau de l’union à Tizi-Ouzou peu avant le début de la manifestation, a affirmé que « la Chambre de l’agriculture n’est plus représentative de la base ». Il souligne que « le ministère de l’Agriculture a été interpelé à cet effet pour permettre une désignation de nouveaux membres ainsi que du président avec l’organisation d’une assemblée générale conformément à la loi». Étape qui, selon lui, «n’a jamais été respectée jusque-là», étant donné que les mêmes membres sont désignés pour représenter la Chambre de l’agriculture locale. Pour l’heure, ajoutera-t-il, «la Chambre de l’agriculture demeurera fermée jusqu’à satisfaction de la revendication principale soulevée par tous les adhérents au mouvement». D’autre part, les agriculteurs ont profité de l’occasion afin de rappeler certaines revendications déjà soulevées au cours d’actions précédentes. Ils citent, en premier lieu, les dettes dans lesquelles « nagent les agricultures », souligne Rabah Ougmat, président de la fédération des éleveurs de bovins de la wilaya. Ce dernier cite, également, la gestion du dossier de la production du lait cru qui échappe totalement au contrôle de l’Etat. Ils dénoncent, aussi, dans une plate-forme de revendications qu’ils comptent «remettre prochainement au gout du jour, le dysfonctionnement des organes de gestion des rentes agricoles». La promotion de l’agriculture de montagne, notamment l’élevage bovin, est réclamée. Ceci, en plus d’un appel lancé aux autorités locales pour « l’ouverture d’un débat et l’organisation de journées pour discuter du secteur de l’agriculture et débattre des difficultés rencontrées, de l’avenir de l’agriculture et de son développement en présence des principaux concernés, à savoir les agriculteurs, au lieu de l’organisation d’un Salon de l’agriculture», résume un autre agriculteur.
Tassadit Ch.

