Comme il fallait s’y attendre, Ali Haddad a succédé, avant-hier, à Réda Hamiani à la tête du Forum des Chefs d’entreprises (FCE), pour un mandat de deux ans.
Il faut dire que l’élection de l’homme d’affaires qui a réussi le pari du ’’self made man’’ était sans surprises, non pas parce qu’il était l’unique candidat à la présidence de la plus importante organisation patronale d’Algérie, mais le programme qu’il s’est tracé et l’aura dont il jouit auprès des entrepreneurs ont incontestablement fait de lui le successeur idoine à la tête du FCE. Faut-il rappeler que lors de sa campagne électorale qu’il avait organisée à travers le pays, le patron du groupe ETRHB a laissé bonne impression auprès des opérateurs locaux. Ses ambitions et son plan d’action pour le mandat pour lequel il a été élu tournent autour, entre autres, de la préservation des intérêts de l’entreprise tout en renforçant la contribution du secteur privé à l’économie. Il avait également insisté sur la nécessité de développer l’entreprise, notamment dans le secteur privé pourvoyeur d’emploi et de richesse, pour arriver à une meilleure contribution au développement économique. Rassembleur, le désormais nouveau président du FCE n’a pas omis, lors de son intronisation, de lancer un appel aux patrons à adhérer au FCE et à ceux qui l’ont quitté à renouveler leurs adhésions : «Je n’ai cessé de le répéter pendant ma campagne menée aux quatre coins du pays. Nous leur avons ouvert la porte. Nous avons ouvert la porte à toutes les entreprises. La preuve, nous avons enregistré près de 120 nouvelles adhésions depuis l’annonce de ma candidature», a-t-il indiqué conscient que le secteur privé en Algérie joue un rôle très important dans le développement du pays, donnant pour preuve les 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires des entreprises affiliées à son organisation et qui emploient plus de 200 000 salariés. Si certaines voix lui reprochent sa proximité avec les pouvoirs publics, lui, en revanche, a tenu à faire la nuance en déclarant que l’organisation patronale dont il a désormais la charge continuera a travailler étroitement avec les autorités publiques mais en défendant l’entreprise. «Nous allons dire toute la vérité et nous n’allons pas nous taire sur les choses qui n’arrangeraient pas l’entreprise», a-t-il soutenu. Prenant pour exemple la règle 51/49 régissant l’investissement étranger en Algérie, M. Haddad a souligné qu’il continuera à défendre la position du Forum sur cette disposition. Pour le successeur de Réda Hamiani, la nuance est de taille à propos de cette règle : «En matière d’investissement direct étranger (IDE), il n’est pas question d’abandonner la règle des 51/49 appliquée systématiquement, mais plutôt afficher les branches ou filières considérées comme stratégiques où la partie algérienne est obligatoirement majoritaire, telles que : l’énergie, les hydrocarbures, les TIC, l’eau, les banques, les assurances et le transport», a-t-il tenu à préciser. Il est à signaler que durant son mandat, l’enfant d’Azeffoun sera assisté d’un conseil exécutif composé de 22 membres.
Ferhat Zafane
