Aïn El Hammam Exigu, il ne répond plus à la forte demande – Le centre de santé dépassé

Tout comme la plupart des structures de santé de la région, le centre de santé situé au centre ville de Aïn El Hammam, à quarante kilomètres au sud est de Tizi Ouzou, ne semble plus répondre à l’importante demande de la population.

Il reçoit quotidiennement de nombreux malades pour des visites médicales de routine ou des soins légers. Les minuscules salles d’attente où les malades se bousculent pour s’asseoir, sont remplies de bonne heure. Bien que les locaux soient dotés de fenêtres, l’air devient vite irrespirable et vicié. Un jeune homme venu se faire délivrer un certificat médical de bonne santé attend son tour, à l’extérieur. Il nous explique qu’il préfère demeurer dehors, et justifie ses craintes : « la promiscuité est telle qu’il est difficile de rester à l’intérieur de peur d’être contaminé par les patients venus se faire soigner pour des maladies qui peuvent être contagieuses. » Lorsque Slimane, un jeune, paraissant en bonne santé se présente à dix heures, on lui répond que « la liste est déjà complète. Nous ne pouvons inscrire plus de trente personnes. » Le manque d’espace et, peut-être, de personnel médical, serait sans doute la cause de cette situation. Bien que ne souffrant pas visiblement d’un mal nécessitant une visite médicale urgente, il lance qu’ « il est de mon droit de me faire ausculter, ne serait-ce que pour un contrôle périodique de routine ». Ce même malade, habitant près de l’hôpital, affirme qu’ « à l’hôpital, on nous dirige vers le centre de santé de la ville. Le PU est réservé aux urgences. » Il faut noter que dans toute la région Ouest de la commune de Ain El Hammam où est implantée la majeure partie de la population d’une dizaine de villages et où se trouve l’hôpital, nous n’avons recensé aucun centre de santé ni salle de soins. Si, parfois, certains malades sont consultés à l’hôpital, c’est grâce au bon vouloir du personnel de service. Pour un simple pansement, ils sont priés de se rendre en ville. Les habitants d’Ait Ailem, à titre d’exemple, doivent parcourir plus de cinq kilomètres pour y arriver. Une polyclinique ou des salles de soins, près des villages, sont vivement souhaitées par la population qui demande à se faire soigner, comme il y a peu, dans un dispensaire ouvert à l’intérieur de l’hôpital. Notons que la nouvelle organisation administrative de la santé publique réserve les soins lourds, telles les visites spécialisées et autres hospitalisations, aux EPH (Etablissement public hospitalier) alors que les soins de proximité (pansements, visites médiales etc. . ) sont dévolus aux EPSP (Etablissement Public de Soins de Proximité).

 A. O. T.