Boumerdès : Colloque de deux jours sur le rôle de la zaouïa Rahmania – Préservation de l'islam contre l'intolérance sous toutes ses formes

«Les zaouïas doivent œuvrer pour préserver l’unité nationale, en luttant inlassablement contre l’intolérance et le charlatanisme». C’est la quintessence de l’intervention du président de la ligue scientifique des zaouïas de la confrérie Rahmania, en l’occurrence Mamoun El Kacimi El Hamili, lors du premier colloque national organisé hier et avant-hier, en hommage au Cheikh Abderrahmane El Thaalibi, natif des Issers, au centre culturel islamique du chef-lieu de la wilaya de Boumerdès.

S’adressant aux nombreux participants, algériens et étrangers, aux journées d’étude sur cet illustre théologien, ayant vécu entre 1384 et 1471, l’orateur insistera sur la nécessité de « purifier l’islam » en s’inspirant des préceptes de la confrérie Rahmania. Il rappellera dans ce contexte, le rôle joué par les zaouïas de cette communauté religieuse, concentrée notamment en Kabylie, dans la lutte contre l’occupant. Selon le président de la ligue religieuse susmentionnée, la Rahmania, ouverte à la rationalité et l’esprit scientifique, «n’admet aucune dérive du droit chemin et veille jalousement sur la cohésion de la société». En filigrane, ce discours s’oppose bien sûr, aujourd’hui, à l’idéologie des islamistes versés dans le takfirisme (exclusion d’ordre religieux) et le terrorisme. A contrario, la dite tarika, qui s’est étendue du centre à l’est du pays en englobant une partie du sud proche, avec pour exemple la zaouïa d’El Hamel à Boussaâda, a formé d’éminents hommes de culture. D’autres intervenants ont aussi préconisé la nécessité de sensibiliser l’opinion sur l’importance de cette communauté pieuse, ayant préservé notre islam ancestral aussi bien en période de lutte contre les agressions extérieures que dans celle de la décennie noire.

Salim Haddou