Les importants gisements d’agrégats de la chaîne montagneuse des Bibans qui traverse les territoires de 03 wilaya qui sont Bouira, Bordj Bou Arreridj et Bejaïa ont fini au fil du temps par attirer de nombreux investisseurs dans cette filière des agrégats composés de gravier tous calibres confondus et du sable de carrière, deux matériaux essentiels utilisés dans les constructions et le revêtement des infrastructures routières. Après avoir connu une exploitation timide au début des années 1960, juste après l’indépendance, notamment au niveau de la wilaya de Bouira avec les toutes premières carrières de sidi Khaled de Sour El Ghozlane et celle d’Azrou Oukellal dans celle d’Ath Mansour, carrières exploitées par l’état, elle a enregistré un spectaculaire essor suite à une véritable ruée d’investisseurs depuis le début des années 1990 grâce à la libération de l’investissement privé. C’est une véritable explosion après la mise en exécution des programmes d’envergure de plusieurs plans quinquennaux relatifs à l’auto-construction, l’aide à l’habitat rural, les projets étatiques dans le secteur du bâtiment et l’infrastructure routière. Le tout a abouti sur une demande sans cesse croissante et florissante des agrégats au point où, à l’heure actuelle, cette chaîne montagneuse est transformée en un enchaînement de carrières notamment dans la wilaya de Bouira où d’autres gisements de plâtre ont été découverts et exploités dans la partie traversant la commune d’El Adjiba. Bien entendu, tel que serait le dispositif mis en place avec les nouvelles technologies introduites dans l’exploitation de ces carrières notamment l’utilisation de l’explosif qui consistent à l’extraction de la roche et sa transformation par le concassage, il y aura toujours des retombées négatives tant sur l’environnement que sur la population. C’est le cas notamment à Ath Mansour où l’utilisation de l’explosif pour fragmenter la roche unie cause de nombreux désagrément aux riverains notamment ceux du chef-lieu de la commune et sa périphérie à cause de la proximité de cette série de carrière dont la plus éloignée est à moins de 03 km à vol d’oiseau. Les déflagrations des mines et des explosifs, en plus du bruit infernal qui dérange énormément les citoyens, se répercutent, à cause des ondes de chocs, sur le bâti qui se fissure et se fragilise. « Cet état de fait a été dénoncé à plusieurs reprises par les citoyens riverains, appuyé par l’APC à travers de nombreuses correspondances et requêtes adressées à toutes les autorités », nous apprennent des élus membres de l’exécutif qui nous ont reçus ce mercredi au siège de l’APC. Après une tournée à travers les quartiers du chef-lieu de commune, on a pu constater de visu que plusieurs bâtisses affichent des fissurations peut rassurantes. Les mêmes élus remettent en cause le plan de tir de l’explosif, d’où la nécessité d’une intervention des services spécialisés pour mettre un terme et réduire les effets négatifs de l’utilisation de l’explosif dans l’exploitation de ces carrières en série qui défigurent en plus l’un des plus beau site naturel d’une ancienne région volcanique où jaillissent des sources thermales dont celle de l’Hamam N’tebureth dans les gorges des Bibans.
Oulaid Soualah