Messieurs Mohamed Kouidri et Hammadache, respectivement directeur régional et directeur de wilaya de l’ANGEM à Béjaïa, nous ont accordé cet entretien, à l’occasion de la tenue du premier salon régional du Micro Crédit, organisé à Béjaïa entre le 2 et le 4 décembre derniers
La Dépêche de Kabylie : Quelle est la place de l’ANGEM dans le dispositif général de création d’entreprises et d’emploi de l’Etat ?
Abdelhamid Hammadache : L’ANGEM, qui a vu le jour en 2004, a été créé un peu en retard par rapport aux autres dispositifs. Toutefois, elle a su rapidement s’imposer sur le terrain. En effet, celui qui souffre d’une situation de chômage et de précarité est le petit citoyen vivant dans les zones rurales en particulier, même si ce dispositif est accessible à tout le monde. Deux formules de financement sont proposées. Le dispositif a été très attractif dès le début. On s’est retrouvé avec des demandes très importantes. L’ANGEM répond aux attentes des citoyens en accordant des aides et en accompagnant les promoteurs de toutes sortes.
Quel est le niveau de création d’emploi obtenu grâce à l’ANGEM ?
Le nombre d’emplois créés par la direction régionale de Béjaïa sur 5 wilayas, par exemple, est de plus de 18.000 postes de travail, par 12.000 promoteurs pour l’année en cours, laquelle n’est pas encore bouclée. Nous prévoyons de dépasser les 20.000 postes d’emploi d’ici la fin de l’année.
Quel est le degré d’intégration sociale du dispositif ?
C’est un dispositif qui a plus intéressé la zone rurale et l’Algérie profonde. On voit plus le travail de l’Agence dans ces régions, car notre organisation est très décentralisée. C’est pourquoi les femmes ont tout de suite répondu à l’appel de l’ANGEM qui traite les dossiers des demandeurs au niveau local. Il y a des représentants de l’Agence dans des daïras, et même dans des communes.
Est-ce pour des raisons financières seulement que les promoteurs s’adressent à l’ANGEM ?
Les citoyens étant dans des situations de précarité et les chômeurs par exemple s’adressent à notre Agence pour avoir des conseils et de l’aide. Nous aidons les promoteurs à créer des activités économiques et les accompagnons dans la réalisation de leurs projets. L’aspect financier n’est qu’une partie de l’ensemble des aides que nous accordons aux promoteurs.
En plus des aides financières, que proposez-vous aux promoteurs ?
Nous proposons, par exemple, des formations dans la gestion de la Très Petite Entreprise et dans l’éducation financière, pour assurer la bonne gestion et inculquer l’esprit entrepreneurial aux promoteurs. Ceci, en plus de leur suivi et de leur accompagnement. Les formations sont assurées par les cadres de l’ANGEM à titre gratuit pour les promoteurs. D’ailleurs, nous tenons à remercier les centres de formations qui nous ouvrent constamment leurs portes afin que nous puissions réaliser ces formations.
À partir de quel moment estimez-vous que votre mission auprès d’un entrepreneur est terminée et qu’elle est réussie ?
Notre mission ne s’arrête pas au financement des projets. Il y a un suivi de l’entrepreneur qui est assuré jusqu’au premier remboursement. Dès que le promoteur assure les remboursements des prêts bancaires qui lui ont été accordés dans le cadre de l’ANGEM, nous sommes contents. S’il y a des difficultés de remboursement, nous intervenons pour essayer de trouver des solutions.

