Les fonctionnaires attendent leurs primes

Si depuis le mois d’août les salaires des travailleurs du secteur de l’éducation sont versés régulièrement, il n’en est pas de même pour les primes et les arriérés de tout genre. A commencer par les primes de scolarité. « En principe, celles-ci devraient être payées au mois d’octobre. Pourtant ce ne sont pas tous les travailleurs qui sont concernés. A ma connaissance, il ne reste aucun secteur où ces modiques primes ne sont pas réglées :800 dinars par enfant, même pas le prix des cahiers », nous a signalé cet enseignant du moyen qui pense déjà aux autres fêtes. En cette fin d’année, nombreux sont les enseignants qui attendaient leurs primes de rendement, en vain. Effectivement, selon certains fonctionnaires, ces primes devraient être réglées, elles aussi, à la fin de chaque semestre. Cependant, elles ne le sont plus depuis la centralisation de la paie au niveau de la direction de l’éducation. « Même si on affecte un génie au service paie, il y aura toujours des situations financières en suspens », pense un autre fonctionnaire qui attend la régularisation de deux échelons depuis 2000. A cela s’ajoute, bien sûr, les salaires des vacataires depuis près de quatre ans. « La direction de l’éducation me doit trois ans de salaire », nous a déclaré un enseignant vacataire. Et d’enchaîner : « Je vous assure que je n’ai pas de quoi me déplacer pour aller jusqu’à l’établissement où j’exerce ». D’ailleurs, des cas comme celui de notre interlocuteur, ils sont des centaines. A entendre les uns et les autres, on peut dire que les problèmes se sont accumulés à tel point qu’aucun directeur d’éducation affecté n’a pu réglé au moins une partie. Pour rappel, depuis 2002, pas moins de trois inspecteurs d’académie ont été nommés à ce poste, en vain. Certes, celui qui est en place a commencé à mettre de l’ordre en nommant d’abord un chef de personnel, mais il reste beaucoup à faire, notamment dans les autres services, tel celui de la paie. En tout cas, les enseignants se plaignent toujours de la lenteur avec laquelle se règlent leurs problèmes. Le mouvement de grève de deux jours (15 et 16 janvier) annoncé par les syndicats autonomes annonce la couleur. Poussera-t-il au moins à régler certaines situations ? Tout dépendra de la mobilisation.

H. N.