L’entreprise d’organisation des manifestations culturelles, économiques et scientifiques (EMEV), organisera, le 20 et 21 du mois en cours à la bibliothèque communale de Larbâa Nath Irathen, un colloque sur l’oeuvre et le parcours du précurseur Said Boulifa. En effet, la dite entreprise, créé en 2011, a, à son actif, plusieurs manifestations culturelles, scientifiques et économiques. Et éventuellement, son nom est associé à de nombreux hommages rendus à plusieurs intellectuels de la Kabylie, notamment de la région, tels Slimane Azem, Chikh Nordine, pour ne citer que cela. Aussi, elle est à l’origine de nombreuses rencontres et cafés littéraires, comme celui intitulé « De Fort National à Larbâa Nath Irathen ». Pour cette fois-ci, les organisateurs ont tenu à rendre un vibrant hommage à Said Boulifa. Et pour la concrétisation de ce projet très cher, de nombreux spécialistes en la matière et chercheurs universitaires, à savoir Abdenour Abdeslam, Idir Ahmed Zaïd, Malik Ahemd Zaïd, Saïd Chemakh, Kamel Stiti, Hamid Bilak, Omar Kerdja et Racchid Oulebsir, sont invités. Des spécialistes qui vont animer des débats, durant deux jours, sur l’oeuvre et le parcours de Boulifa. Malek Amirouche, fondateur et premier responsable de l’EMEV, nous dira à propos de cette rencontre : «C’est un projet qui est très cher à mes yeux. Pour moi, Boulifa restera un homme exceptionnel qui a de multiples talents (chercheur, pédagogue, sociologue et historien). Il a beaucoup donné pour l’identité et la culture berbère». C’est dans, ajoutera-t-il, «le souci de mettre en valeur des hommes de culture, comme Amar Saïd Boulifa, que nous avons organisé cette rencontre. Et c’est une façon de perpétuer les échanges et faire connaître un pan de notre histoire. Amar Saïd Boulifa a laissé derrière lui, un trésor d’une valeur inestimable pour les générations futures. Ses travaux et ses oeuvres sont aussi riches et abondants». Boulifa, de son vari nom, Amar U Saïd Boulifa, homme de lettres kabyle et élève de Belkacem Ben Sedira, est considéré comme le «précurseur berbériste». Il est né au village Adni dans la commune d’Irdjen, daïra de Larbâa Nath Irathen. Orphelin très jeune, son oncle le fait scolariser à Tamazirt, la toute première école ouverte en Kabylie en 1875, où il obtient un certificat d’aptitude aux travaux manuels et un diplôme d’enseignement en langue française qui l’oriente directement vers la carrière d’instituteur. De part ses compétences en littérature française, Saïd Boulifa est propulsé comme répétiteur de berbère à l’école normale depuis 1890. Après sa mort, il a laissé une oeuvre d’une valeur inestimable. Malheureusement, pendant la guerre de l’indépendance, l’ensemble de sa bibliothèque, qui, d’après les souvenirs des membres de sa famille, était considérable, et de ses documents, entreposés dans une petite maison à l’écart du village Adni, ont été détruits dans un incendie. Sa famille a pieusement rassemblé les quelques rares papiers qui avaient échappé au feu, parmi lesquels figure son testament, quelques documents administratifs relatifs à sa carrière, et un cahier de notes du voyage au Maroc. Enfin, les organisateurs de ce colloque souhaitent voir beaucoup de monde lors de cette rencontre.
Youcef Ziad
