La campagne de cueillette des olives a démarré en trombe, ces jours-ci, dans la commune de Boudjellil. Les oliveraies ont renoué avec la présence humaine après avoir été désertées il y a des mois. Ainsi, la récolte va bon train dans toutes les localités de la municipalité et les cueilleurs ne lésinent aucunement sur les moyens afin de venir à bout de ces oliviers, chargés pour la majorité du fruit oléagineux. Pour ceux et celles qui tablaient sur une récolte mitigée cette année à cause des mois de sécheresse, laquelle a failli provoquer l’irréparable sur les fruits, le doute s’est éclipsé à présent pour laisser place à l’optimise quant à une très bonne récolte cette année. Néanmoins, ce qui a ravi plus d’un, ici dans cette région, c’est le fait que la mouche d’olive, appelée scientifiquement Dacus olea, laquelle a fait des ravages sur les récoltes l’an dernier, n’a pas sévit cette année. Comme nous l’avons constaté de visu, la totalité des oliviers ont été épargnés par cet insecte ravageur, ce qui augure d’une récolte excellente! Cependant, ce qui fait surtout plaisir aux yeux, ce sont ces grappes de villageois qui se rendent, chaque jour, dès la matinée, à leurs oliveraies pour cueillir les fruits oléagineux vénérés presque! Ils entourent les oliviers, certains en gaulant, et d’autres en ramassant les olives tombées à terre, le tout dans une ambiance bon enfant. Il est vrai que le ramassage des olives est une besogne harassante et fatigante, mais il contribue à l’affermissement des liens familiaux et entre villageois. Ce travail champêtre nous rappelle cet attachement viscéral qu’ont les Kabyles pour leurs terres, même si elles se trouvent de plus en plus délaissées, et surtout menacées par l’avancée du béton! Qu’à cela ne tienne! Néanmoins, le moment le plus convivial durant la cueillette des olives demeure, indubitablement, ce repas de midi que toute la famille prend autour d’un feu follet, fait de branchages secs d’oliviers (Izebiren), qui dégagent une fumée que l’on peut sentir même! Les membres de la famille entourent ce feu en mangeant des plats généralement préparés à la maison avec des fruits, comme la fameuse figue sèche que l’on imbibe dans l’huile d’olive! Des moments qui valent tous les trésors du monde. Mais il reste cette autre besogne qu’est le transport de la récolte. Généralement, il faudra transporter sur le dos, ou avec un peu de chance sur le dos d’un baudet, les sacs remplis de récoltes vers un lieu sûr, pour qu’elles ne tombent pas entre les mains des maraudeurs, lesquels pullulent en cette période. En fin de journée, quand le soleil « tombe » et que l’on ne distingue pas les olives sur les arbres, les cueilleurs rappliquent chez eux, et après quelques minutes, ils s’affalent sur le lit morts de fatigue et surtout de « plaisir » après une journée de cueillette.
Syphax Y.
