L’installation, jeudi dernier, des présidents des commissions de l’APW de Béjaïa par les 22 élus de l’opposition n’est apparemment pas du goût de son président Mohamed Bettache qui juge qu’il s’agit là d’un «précédent grave et dangereux».
Dans une longue déclaration, publiée dans l’après-midi de dimanche, le P/APW de Bejaïa d’obédience FFS s’interroge : «Depuis quand l’installation des présidents des commissions de l’APW échappe-t-elle aux prérogatives du président de l’APW et se fait sous l’œil d’un huissier de justice ?». Il estime que cette manière de faire des 22 élus du FLN, RCD, RND et Forum socialiste, au-delà de l’atteinte qu’elle porte à la légitimité et à la crédibilité d’une institution, déjà faible de par ses pouvoirs limités, «ébranle surtout les lois qui sont mises à mal par une crise qui s’allonge dans une sorte d’inconscience complice». Mohamed Bettache rappelle dans son document avoir tenté de «stabiliser l’APW et travailler dans la sérénité qu’exigent les moments difficiles que vit le pays», et ce en voulant donner davantage d’épaisseur à l’alliance FFS/FLN au sein de l’assemblée. Chose, à ses yeux, qui «prouve amplement ma prise de conscience de la nécessité de doter l’APW d’une légitimité incontestable pour relever les défis». Peine perdue pour le P/APW en raison de l’obstination des élus de l’opposition, majoritaires depuis le 8 décembre dernier, à croiser le fer avec leurs pairs du FFS pour le contrôle de l’APW. Et le P/APW en semble conscient quand il écrit : «A ma posture de rassembleur, il m’a été opposé une démarche conflictuelle préjudiciable aux intérêts de la population de notre wilaya», tout en s’interrogeant sur les réelles motivations de la dernière sortie spectaculaire des élus du FLN, RCD, RND et FSLD, qui, estime-t-il, chercheraient «à déstabiliser coûte que coûte l’APW de Bejaïa, non seulement dans sa composante mais aussi et surtout dans son fonctionnement ?». Mohamed Bettache, en se présentant en tant que «démocrate convaincu», indique dans sa déclaration avoir «affirmé devant les élus, le wali et son exécutif, la presse et la société civile, le droit de la majorité si majorité il y a, à exercer son droit juridique et démocratique sans aucun blocage (…)» Il ajoute : «Durant la session du 13/12/2014, l’intérêt de Bejaïa qui était d’adopter le budget primitif par les élus, s’était effacé devant les intérêts inavoués de personnes» laissant le champ libre, regrette-t-il, à l’administration à le présenter en lieu et place des élus qui, de ce fait, «se sont dessaisis de leurs pouvoirs, lorsque même ils les revendiquent dans les discours». Tout en réaffirmant sa condamnation de cette réunion «illégale», Mohamed Bettache souligne ne pas vouloir s’étaler sur «les tenants et les aboutissants, sur le rôle des uns et des autres des parties qui se trouvent dans et en dehors de l’APW, car le devoir de responsabilité m’interdit de donner plus d’échos à une action qui ne vise pas l’intérêt de notre wilaya et de notre pays. » Il importe de signaler que la rencontre d’avant-hier entre le P/APW et les chefs de groupes concernait la session extraordinaire demandée par toutes les parties qui aura lieu dans quinze jours.
Dalil S.

