Même si certains agriculteurs se plaignent de «la mauvaise année», d’autres disent que «sans être extraordinaire, le rendement de l’huile sera appréciable, cette saison».
Les mouvements continus des agriculteurs vers le bas de la vallée où se trouvent les olivaies peuvent prêter à l’optimisme. «C’est tant mieux pour tout le monde» nous dit un citoyen qui espère voir baisser le prix de l’huile, ajoutant que «sans huile d’olive, le couscous serait autre. Je ne peux m’en passer.» Depuis maintenant trois ans, les oliveraies de la région de Ain El Hammam n’ont pas été prolifiques. «Cette année, c’est par zones que le fruit a foisonné. A certains endroits, on ne trouve pas un seul grain tandis qu’à d’autres, les branches sont chargées» relate un paysan dont la récolte est «quasi nulle de ce côté de ma propriété» mais qui continue à se rendre aux champs «pour entretenir les arbres et procéder au nettoyage.» Sur le versant opposé les olivaies fourmillent de monde. «Nous ne pouvons abandonner les quelques grains que nos arbres ont donnés» disent-ils comme pour justifier leurs déplacements. Cependant, certains propriétaires, bien que loin d’être satisfaits, reconnaissent que «la cueillette, au bas de la vallée, sera bonne. Nous pourrons subvenir à notre consommation familiale pour au moins une année et peut-être vendrons-nous le surplus si nous arrivons à en dégager.» Ce manque d’olives se retrouve au niveau des huileries où nous avons pu avoir accès. «Si nous devons attendre le produit local, nous n’ouvrirons que dans un mois. Peu d’olives sont rentrées au pressoir. Le fruit n’est pas encore mûr partout», indique un propriétaire de pressoir, précisant que «Pour faire tourner les machines, nous importons le fruit des régions bien pourvues. Du côté de Tazmalt, Sidi Aich et les autres régions de la wilaya de Bejaïa, les paysans ont en récolté de grandes quantités.» Quant aux prix, ils tiennent toujours le haut du pavé pour le moment. Au marché hebdomadaire, référence en la matière, l’huile venue des autres régions fluctue entre six cents (600,00) et six cent cinquante (650,00 dinars) le litre. «Trop chère pour la saison» disent les consommateurs alors que les agriculteurs pensent le contraire. Le produit du terroir, très prisé des connaisseurs locaux, ne se vend que par «connaissance». Pour vanter leur huile, les paysans de Ain El Hammam vous diront que «notre huile est d’une qualité irréprochable. Jamais vous ne la trouverez, bradée, sur la place du marché.» Une façon de justifier peut-être, le prix exagéré que certains demandent. Au niveau de la subdivision agricole de Ain El Hammam, les responsables sont loin de s’alarmer. Au contraire, ils s’attendent à une production de 20000 quintaux, un rendement, inférieur tout de même à la saison 2010 qui a battu les record, avec 27000 quintaux.
A.O.T

