Site icon La Dépêche de Kabylie

L’extrémisme intellectuel en débat

Un séminaire sous le thème « Ensemble pour consolider la dynamique des actions de lutte contre les fléaux sociaux », s’est tenu, avant-hier, jeudi, à la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, à l’initiative de l’association «Femme Active». De nombreuses communications étaient au programme de cette activité dont une intitulée «L’extrémisme intellectuel, les causes et les moyens de le contenir», qui fut présentée par M. Mustapha Oukacha, enseignant chercheur à la faculté de droit et des sciences politiques de Tizi-Ouzou. Selon le conférencier, il a beaucoup été question des fléaux sociaux classiques à travers d’innombrables séminaires. «Il est temps de se pencher sur les problèmes d’actualité liés à l’extrémisme intellectuel qu’engendre justement le vide intellectuel ! Car, comme on dit : la nature à horreur du vide», dira-t-il. Selon M. Oukacha, l’extrémisme intellectuel ne veut pas dire forcément extrémisme religieux même s’il est vrai que la mauvaise interprétation des textes sacrés y est pour beaucoup. L’influence de l’environnement et les conditions socio-économiques contribuent grandement à son émergence. L’orateur reviendra au vécu social et surtout au débat actuel relatif aux différentes affaires ayant enflammé dernièrement, les débats sur la scène médiatique nationale, des affaires d’actualité dues à l’extrémisme intellectuel, donnant un avis juridique sur la question. Il s’agit là dira-t-il, « de dépassionner les débats et de remettre les pendules à l’heure parce que les gens ont tendance à abuser de leur liberté qui pour certain pourrait constituer la capacité à tout faire (une liberté absolue) sans prendre en compte celle des autres or un équilibre s’impose ! Et comme dit l’adage : la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres». L’objectif des lois, expliquera le juriste, «est d’assurer cette équilibre et de protéger les droits et les libertés individuelles par rapport à des groupes ou à des individus qui seraient oppressifs à l’égard des autres». La démarche, précisera-t-il, «doit être la suivante : l’État doit intervenir pour appliquer les lois car quand il y a une faible réponse ou carrément un retrait, c’est la porte ouverte à toutes les dérives, sachant que la majorité de ces comportements extrémistes, pour ne pas dire tous, tombent sous le coup de la loi». «Il faut dépassionner les débats. J’exhorte les gens à dialoguer et à débattre de la chose intellectuelle et religieuse sans porter atteinte à l’intégrité morale des uns et des autres. Car en définitif, cela ne fait que distraire les citoyens occultant les vrais débats, ceux relatifs à l’économie, aux problèmes sociaux professionnels et autres», conclura M. Oukacha.

Karima Talis

Quitter la version mobile