Les esprits semblent encore stigmatisés des suites de l’affreuse expérience qu’ont connue les populations montagnardes après la léthargie engendrée par les abondantes chutes de neige enregistrées il y’a une année. Cette mésaventure fait encore planer le spectre de l’enclavement, de la rupture des vivres et de la défaillance des moyens élémentaires à même de contrecarrer l’apathique froid qui s’est installé. Les citoyens de Timizart, probablement parmi ceux qui ont subi le plus de désagréments lors de ces tempêtes nivales, se mobilisent, chacun selon ses moyens, pour s’éviter le pire, eux qui étaient livrés à eux-mêmes et en ont vu, un mois durant, des vertes et des pas mûres. C’est à peine l’hiver installé que les préparatifs ont prit effet. Les villageois s’y mettent, comme ils le peuvent en tout cas. Ils s’approvisionnement en bois, en gaz butane (le gaz de ville est à ce jour indisponible) et remplissent les silos comme dans le passé. Ce sont des prévisions pour tenter, si besoin est, d’éviter de revivre les mêmes problèmes que l’hiver passé. Cependant, et malgré les derniers communiqués émanant de l’ONM (office national de la météorologie), une saison hivernale plutôt normale, il reste que la baisse drastique du mercure a relancé les appréhensions. Toutefois, il relève de la simple curiosité, si ce n’est de la logique élémentaire, de se demander comment les gens autrefois, certainement plus pauvres et mal logés et ne disposant que de moyens anodins pouvaient faire face à des saisons, semble-t-il, beaucoup plus rigoureuses, alors qu’actuellement, des panoplies d’appareils ne nous assurent même pas assez pour recevoir la saison avec désinvolture ? Enfin, du moins pas à considérer l’hiver juste comme tel !
Kamel Oubellil
