La Dépêche de Kabylie

Tizi-Ouzou Suite à une action de protestation, avant-hier, des citoyens de Tizi-Rached – La RN12 de nouveau fermée

La route nationale n°12, reliant Tizi-Ouzou à Béjaïa, a été fermée, avant-hier jeudi, par des citoyens de la commune de Tizi-Rached qui réclament une enquête sur la mort d’un jeune du village Tala Toulmouts dans un accident de circulation, survenu le 31 décembre 2014.

C’est pour la deuxième fois en une semaine que cet important axe routier se voit fermer à la circulation après l’action de dimanche dernier des propriétaires de bus universitaires qui ont procédé au blocage de la RN 12 en signe de protestation contre l’attribution du marché du transport des étudiants à une autre entreprise. C’est dire que les citoyens qui empruntent cet axe névralgique ont vécu un véritable enfer durant la journée d’avant-hier, lorsque, tôt le matin, des jeunes de la commune de Tizi-Rached, notamment ceux du village Tala Toulmouts, ont procédé à la fermeture de la RN12 suivie d’une grève générale à travers le territoire de la commune en guise de protestation mais surtout pour réclamer l’ouverture d’une enquête suite à la mort tragique d’un jeune de leur village, en l’occurrence M. Kamel, 37 ans, survenu une semaine auparavant sur cette même route, suite à un accident de voiture. Selon le témoignage de certains protestataires, l’action d’avant-hier est intervenue une semaine après le décès tragique d’un jeune habitant du village Tala Toulmouts, dans des circonstances qu’ils jugent « criminelles ». Selon eux, la mort de M. Kamel serait due à un accident de voiture qu’aurait provoqué le dérapage d’un bus, suite à un jet de pierres lancées par des inconnus. « C’est un acte criminel car la victime qui se trouvait au volant de sa voiture sur la RN 12 a trouvé la mort suite au dérapage d’un bus. Le chauffeur de ce dernier en voulant éviter des pierres lancées par des inconnus a causé l’accident qui a mis fin aux jours de notre jeune Kamel », nous lance un villageois de Tala Toulmouts, voisin de la victime. Très en colère, les manifestants qui ont attendu une semaine après le tragique accident pour passer à cette action radicale, n’ont pas fait dans le détail. Non seulement ils ont fermé tous les accès menant vers la ville de Tizi-Ouzou, en procédant au blocage de la route à l’entrée de la zone industrielle Aïssat Idir de Oued Aïssi, mais aussi au niveau d’Issiakhen Oummedour à quelques encablures de l’hôpital psychiatrique Fernane El Hannafi. A l’aide de pneus en flammes, des blocs de pierres et d’autres objets hétéroclites, les protestataires ont ainsi empêché de force, les citoyens de regagner la ville des Genêts. Des étudiants, des travailleurs mais aussi des citoyens ayant affaire en ville n’ont pas pu franchir les barrages de fortunes dressés par les protestataires. La mort dans l’âme, les citoyens se sont retrouvés dans l’obligation de poursuivre leur chemin à pied sur une distance de plusieurs kilomètres pour arriver à leur point de chute dans les deux sens. Même la gare multimodale de Oued Aïssi, d’habitude accessible par les bus et les fourgons de transports desservant les localités de Fréha, Azazga, Mekla, Larbaâ Nath Irathen et autres Aïn El Hammam et Bouzeguène, s’est retrouvée injoignable, avant-hier, en raison de la fermeture des deux routes y menant. Une situation qui a ajouté au désarroi des voyageurs qui se sont retrouvés livrés à eux mêmes en pleine route. Et comme à chaque fois, aucune autorité n’a daigné faire l’effort de s’enquérir de la situation et venir en aide à des citoyens pris en otage dans des conflits n’ayant aucune responsabilité encore moins d’un quelconque intérêt.

A. C.

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