Dans l’allégresse

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Il faut bien le reconnaître, pour la première fois, Yennayer, le nouvel an berbère, a été célébré à travers toute la localité de Tizi-Gheniff d’une façon très particulière par la population, à travers tous les villages et dans toutes les familles.

«C’est vrai que Yennayer, le nouvel an berbère a été toujours célébré depuis la nuit des temps, par nos aïeux mais qu’il avait laissé un peu de sa place pour les autres célébrations qui nous sont étrangères à cause bien sûr du déni d’existence de notre culture », nous confie Si Rabah, un fonctionnaire, rencontré la veille, près d’un étal au moment où le marchand de volailles lui remettait les deux poulets égorgés, vidés et lavés sur place et qui garniront le dîner spécial de cette fête. Ce dernier tiendra à intervenir pour nous informer que le collectif des commerçants du marché s’était entendu pour baisser les prix à cette heureuse occasion, ce qui s’est vérifié et ce qui a permis à tous les pères de familles de s’offrir au moins un poulet.  Au demeurant, c’est surtout, dans les cafés que l’ambiance de ce jour particulier est plus visible avec tous les visages illuminés des citoyens qui ne cessent de se congratuler et de se souhaiter une bonne et heureuse année pendant que leurs téléphones portables n’arrêtent pas de signaler les réceptions de nouveaux messages de vœux de leurs amis ou des membres de leurs familles vivant en dehors de la commune. « Voilà maintenant, nous pouvons être fiers d’avoir un nouvel an à nous, sans bûches, ni aucun arbre mais uniquement avec notre bonheur retrouvé avec la culture ancestrale, héritée de nos aïeux et qui remonte à 2965 années, c’est surtout çà notre fierté qu’on avait voulu nous confisquer », nous confie Cheikh Rabah, un enseignant.

Le collectif des  marchands de fruits  et légumes se mettent de la partie 

Alors qu’auparavant, il est connu que tous les marchands sont à l’affût de toutes les occasions et surtout de toutes les fêtes pour augmenter scrupuleusement tous les prix de leurs marchandises, il a été constaté également, pour la première fois, à Tizi-Gheniff que cette règle bien établie n’a pas été observée et qu’au contraire, les commerçants exerçant à l’intérieur du marché se sont mis de la fête pour procurer un peu de joie à leurs clients non seulement en abaissant au maximum les prix mais également en leur faisant la surprise de leur offrir de beaux calendriers. « Effectivement, pour ce nouvel an berbère, yennayer, le collectif des commerçants des fruits et légumes du marché de Tizi-Gheniff avait pris la décision de baisser les prix à cette occasion et d’offrir également aux clients des calendriers de différents formats, comme nous avions projeté de concrétiser une action de solidarité avec des dons au profit des nécessiteux, que nous allons mener en collaboration avec la section locale du Croissant rouge » nous confie M.Noureddine Diaf, membre de ce collectif.

L’association scientifique « Assirem » au mémorial « Chahid, colonel Ali Mellah » 

L’association scientifique « Assirem » a, pour sa part concocté pour cette journée du 12 janvier, jour du nouvel an amazigh, un riche programme en prenant possession pour ses différentes activités, le mémorial dédié au colonel, le chahid « Ali Mellah ». « Comme chaque année, depuis la création de notre association, nous avons fêté Yennayer en organisant plusieurs activités. Pour cette année, nous avons choisi cet endroit emblématique qui est le mémorial dédié à notre héros de la révolution, le chahid, colonel Ali Mellah. Avec  une telle action, nous visons à rassembler le plus grand nombre possible de citoyens », nous déclare d’emblée M. Amitouche Mohand Arezki, étudiant et président de ladite association tout en ajoutant qu’outre les expositions de livres et autres documents édités en tamazight ou celle réservée aux bijoux kabyles, il a été prévu également des concours réservés aux jeunes, jeux d’échecs et questionnaire remis aux intéressés et qui a été suivi, dans la soirée par la remise des prix aux lauréats. Une lecture de poèmes a été animée par le jeune étudiant Massinissa Acid suivie d’une pièce de théâtre qui devait clore cette fête du nouvel an berbère.

Le village agricole socialiste « Adila » en fête

Ce lundi 12 janvier est, sans nul doute, le plus beau jour qu’aura vécu jusqu’à maintenant le village agricole socialiste « Adila » qui fut longtemps oublié et qui deviendra au fil des ans, après avoir connu des années fastes, durant les années 80 pour devenir  un village fantôme avec de nombreux problèmes qu’aucune autorité ne daigne prendre en charge comme s’il s’agissait d’une cité née sous « x ». En effet, les habitants de ce village agricole ont décidé de prendre en main leur destinée pour revendiquer un meilleur cadre de vie d’autant plus qu’avec le temps, les dégradations sont de plus en plus visibles à commencer par toutes les ruelles qui ont ainsi perdu leur couche d’asphalte. « Comme vous voyez, avec le nouveau revêtement de toutes les ruelles du village, son aspect a beaucoup changé et nous allons faire de notre mieux pour améliorer notre environnement », nous déclare M. Rachid Fellous, le président du comité de ce village qui nous accueille au milieu d’une ambiance très festive, sur la place du village où avait été édifié une stèle à la mémoire du chantre de l’amazighité le grand chanteur feu Matoub Lounès, où des dizaines de citoyens étaient rassemblés tout en écoutant des chansons de ce dernier alors que juste à proximité des jeunes volontaires ,improvisés en bouchers, s’acharnent à découper la carcasse d’un taureau, égorgé en cette occasion .« Pour ce nouvel an berbère, nous avons prévu cette « Louziaa » avec laquelle, nous pensons apporter un peu de joie aux deux cent soixante (260) familles qui vivent ici », nous confie notre interlocuteur tout en ajoutant que toutes ces festivités sont organisées en collaboration avec l’association sportive du même village avec l’aide de l’APC ainsi que de celle de la daïra. « En ce qui concerne le volet sportif, nous avons organisé un cross-country pour les garçons et les filles de deux catégories, à savoir, ceux et celles dont l’âge varie entre six (6) et dix (10) ans et la seconde, entre onze (11) et quinze (15) années. Douze prix ont été remis aux premiers de chaque catégorie. Un tournoi de football a été organisé et a rassemblé quatre équipes (Le Vas, Allel, Ait Itchir et Tiachache) alors que pour la finale qui a opposé notre village à celui de Tiachache, un match de gala avait mis aux prises nos vétérans à ceux de Tizi-Gheniff dont la majorité étaient d’anciens joueurs de l’OTG », nous déclare, tout heureux, notre interlocuteur.

Essaid  Mouas

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