«Je suis Mohamed», «Oui pour la liberté d’expression, non à la provocation», sont les deux slogans brandis, hier, par plus de deux mille citoyens à la sortie des mosquées, suite à l’appel lancé par des partis et association pour exprimer l’indignation soulevée par le journal satirique «Charlie Hebdo», en kiosque depuis mercredi dernier, du visage du prophète Mohamed tenant une pancarte sur laquelle était écrit, «Je suis Charlie». De passage devant la Maison de la presse, les manifestants tenant des pancartes sur lesquelles était écrit en gras «Je suis Mohamed», s’en sont arrêtés un bref instant pour crier plus fort leur indignation et le malaise induit par «l’offense faite au prophète Mohamed et à tous les musulmans», selon un jeune marcheur qui, lui, brandissait un morceau de carton ondulé sur lequel «Je suis Ghaza» était bien lisible. Cette longue procession de fidèles, rassemblée en carrés bien distincts, devait, par endroits, se scinder en raison de la forte présence de policiers. À la place du 1er Mai, les forces anti-émeute, qui y étaient parquées depuis la matinée, ont bloqué la route menant vers l’avenue Hassiba Ben Bouali. Selon des échos qui nous sont parvenus, des escarmouches ont même été signalées du côté du commissariat central, où les manifestants ont dû tenter de forcer le barrage dressé par les policiers.
Ferhat Zafane
