Plusieurs dizaines d’élus locaux et nationaux du Front des forces socialistes (FFS) se sont rassemblés massivement, hier vers les coups de 10h, devant le siège de la wilaya.
Ceci à l’appel de la fédération de Béjaïa du vieux parti de l’opposition, pour exiger, entre autres, « une commission d’enquête sur la gestion douteuse du wali, dénoncer les manœuvres malsaines du wali et l’instrumentalisation des relais mafieux dans la gestion des affaires de la wilaya », et protester contre ce qu’ils qualifient du « parti pris et la désinformation de la radio Soummam », lit-on dans l’appel au rassemblement du FFS. Tous les élus de la formation chère à Aït Ahmed, qui se sont succédés au micro, ont accusé brutalement le premier magistrat de la wilaya, en l’occurrence M. Hamou Ahmed Touhami, d’être derrière « la précarité dans laquelle se trouve la région». « La venue du wali, Hamou Ahmed Touhami, a fait que notre wilaya est à la traine et a atteint un degré de précarité terrible. Depuis plus de quatre ans, le wali a transformé la région en un foyer d’anarchie et de tension », tempête d’emblée le fédéral Yahia Boukelal, avant d’avertir sous un ton menaçant : « Le FFS ne va pas se taire ! ». Le député a reproché au wali de Béjaïa « d’investir dans la politique politicienne au lieu de travailler au développement de la wilaya ». « Aucun projet structurant n’a été lancé officiellement », a indiqué Y. Boukelal, faisant notamment allusion au projet du CHU. Abondant dans le même sens, le fédéral de Béjaïa affirme que le FFS détient des dossiers incriminant le wali «sur plusieurs affaires de corruption ». « Nous avons des dossiers sur la gestion douteuse du wali, comme celui du Calpiref. Nous choisirons le moment opportun pour saisir la justice. Nous invitons la police à faire son travail », a-t-il indiqué. Prenant la parole, le P/APC FFS d’El-Kseur a dénoncé « la pression dont il fait objet de la part des relais de l’administration » dans le cadre des affaires du foncier. « L’administration a mobilisé ses relais locaux pour me pousser à démissionner, parce que je me suis opposé à l’attribution de terrains. Il y a une quinzaine d’élus qui manipulent les gens et complotent contre moi pour me détruire, bien que la justice ait refusé les décisions d’attribution. Mais, je ne démissionnerai jamais », a-t-il défié. Allant plus loin, le P/APW de Béjaïa, Mohamed Bettahce, a mis en garde le wali contre le risque de la fitna qu’il pourrait créer au sein de la population, « en usant de moyens et manœuvres machiavéliques ne faisant appel à des individus sans état d’âme et sans conscience et les présenter comme formant la société civile ». « À quel jeu vous jouez Monsieur le wali ? », s’est-il interrogé. Pour sa part, le chef du groupe parlementaire du FFS, M. Bouïche, qui a traité le chef de l’exécutif de wilaya « de voyou », a réclamé « le départ du wali et sa comparution devant la justice ». Notons que les participants à ce rassemblement se sont dispersés dans le calme.
Boualem Slimani

