L’union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), a appelé hier, le wali d’Alger à geler la décision portant sur la fermeture des locaux de vente de matériaux de construction dans la capitale. Intervenant lors d’une conférence de presse sur le marché des matériaux de construction, animé au siège de son organisation syndicale à Alger, le porte-parole de l’UGCAA a pointé du doigt les répercutions négatives de cette décision. « On appelle le wali d’Alger à geler cette décision jusqu’à l’ouverture des marchés de vente des matériaux de construction », a plaidé M. Boulenouar. Selon lui, la fermeture de ces locaux va encourager la commercialisation informelle des matériaux de construction et va augmenter leurs prix, notamment face à la hausse de la demande nationale. La fermeture de ces marchés va mettre également beaucoup de travailleurs au chômage, a regretté M. Boulenouar. Dans ce sillage, le même responsable a mis en exergue la nécessité d’organier ce marché à travers la mise en place de marchés spéciaux de vente de matériaux de construction. « Il faut au moins ouvrir des marchés régionaux. A Alger seul, il faut trois ou quatre marchés », a-t-il noté. Tout en saluant la décision du Ministre de l’habitat et de la ville, portant sur l’interdiction de l’importation des matériaux de construction, le conférencier a mis l’accent, également sur l’importance d’augmenter la production nationale. « Les unités publiques de production des matériaux de construction produisent moins que leurs capacités, contrairement à celles du privé qui produisent le double », a fait remarquer, M. Boulenouar, avant d’ajouter que « les unités publiques peuvent produire pas moins de 30 millions de tonnes par an », a-t-il dit. Le porte-parole de l’UGCAA a dénoncé l’augmentation de la facture des importations des matériaux de construction durant l’année écoulée, qui avoisine les 3,2 milliards de dollars, soit une hausse de 3% par rapport à l’année 2013. En matière de chiffres détaillés, M. Boulenouar a estimé que pas moins de six millions de tonnes de ciment ont été importées durant l’année 2014, pour un coût de 500 millions de dollars. On a importé également durant la même période, trois millions de tonnes de métal et 1,5 million de tonnes de bois ayant coûté respectivement 1,8 milliard de dollars, et 800 millions de dollars. « On a plusieurs avantages qui permettent de satisfaire la demande nationale, sans recourir à l’importation », a martelé M. Boulenouar.
Samira Saïdj
